Il pose sa main dans la mienne. Il ferme les yeux une seconde. Je sens, sous mes doigts, la tache , sèche, grenue, étrangère et je sens, sous la tache, sa peau, vivante, chaude, et je comprends, avec une clarté qui me serre la gorge, que je viens de toucher, pour la première fois, quelque chose qui ne m'est pas destiné, quelque chose qui appartient à la partie de sa vie que je ne verrai jamais, que je ne dois pas voir, qu'il ne me montrera jamais et que je le sais, que je l'accepte, que je le choisis, et que c'est peut-être cela, le prix de la sécurité : ne pas regarder les mains de celui qui la protège.Je ne pose pas la question. Je ne la pose pas. Je sais qu'elle viendra, un autre soir, une autre nuit, quand je serai plus forte ou plus faible, je ne sais pas encore lequel, je sais seulement que ce soir, elle ne viendra pas, parce que ce soir, il a besoin que je ne la pose pas, parce que ce soir, il a besoin de moi comme on a besoin d'un port, sans tempête à l'horizon, sans questio
Zuletzt aktualisiert : 2026-09-08 Mehr lesen