MARQUÉE PAR L'ALPHA
Je sais que j'ai failli ne pas l'être assez.
Je reste à son chevet jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Je tire une chaise près du lit. Je m'assois. Je la regarde. Sa respiration se calme, lentement, par vagues, comme une mer qui se retire après la tempête. Son visage se détend, les plis de ses sourcils s'effacent un à un, sa mâchoire se desserre, ses mains, qui étaient crispées sur le drap, s'ouvrent comme des fleurs. Je la regarde dormir et je sens monter en moi quelque chose que je n'ai pas ressenti depuis des années, quelque chose de doux et de terrible à la fois, quelque chose qui ressemble à de la tendresse, à de la gratitude, à de l'amour. Je repousse ce mot.