La marque de la souveraine
Ils ont coulé de mes lèvres sans que je puisse les retenir, et je me suis senti nu, vulnérable, exposé, comme si on m'avait arraché ma peau et que tout le monde pouvait voir mon cœur battre à découvert.
— Je l'aime, dis-je simplement, et ma voix résonne dans le silence de la grande salle comme un aveu, comme une prière, comme une condamnation. Je l'aime depuis le premier jour, depuis ce fruit confit offert derrière les cuisines, depuis la première fois que j'ai vu ses mains trembler et ses yeux briller. Je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne, comme je n'aimerai jamais personne. Je l'aime d'un amour qui ne demande rien, qui ne réclame rien, qui se contente de veiller de loin, de sourire