DOUBLE VIE
Il s'arrête aussitôt, et il essuie mes larmes avec son pouce, et il murmure quelque chose que je ne comprends pas, dans une langue qui n'est pas le français, et qui sonne comme une berceuse ou comme une prière.
Après, il me tient contre lui, et il ne part pas. Son bras est lourd sur ma taille, sa respiration se calme contre mes cheveux, et je reste éveillée longtemps, à écouter la mer de Monaco et le cœur de cet homme dont je ne connais pas le vrai nom. La lune traverse les rideaux, dessine des rectangles de lumière sur le lit, et je me sens vivante, éclatante, totalement, physiquement vivante, comme si chaque cellule de mon corps venait d'être allumée.