POUR TE SAUVER , J'AI DÛ TE PERDRE
Nous avançons, couple parfait, image lisse et glacée d'un pouvoir qui ne vacille pas.
Le hall est une débauche de lustres en cristal, de tentures de soie, de dorures et de fresques rococo. L'orchestre joue une valse légère qui couvre le bruissement des conversations. Des centaines de têtes se tournent à notre entrée. Les regards pèsent, évaluent, calculent. Le Glaive est là, avec sa nouvelle compagne. La rumeur a couru, bien sûr. L'ancienne reine déchue, la nouvelle favorite, le triangle dramatique qui alimente les commérages du milieu. Je serre des mains, distribue des sourires, prononce des banalités. Le pilote automatique. Le masque de l'homme puissant et maître de lui.