À l'ombre de ta haine
Elles ne collent pas au portrait de la femme froide et calculatrice que je garde en moi.
Je ferme les yeux, et je revois ses lèvres d’hier, si proches. Si pulpeuses. Pâlies, oui, mais je connais leur forme, leur goût de miel et de sel. Je connais le son qu’elles faisaient quand elles prononçaient mon nom dans le noir. Un désir physique, dévastateur, me tord les entrailles. Ce n’est pas seulement le désir de la chair. C’est le désir de possession absolue, de réparation. De la forcer à admettre, par le corps, par la bouche, qu’elle s’est trompée. Que rien, aucun diamant, aucun palais, ne valait ce que nous avions.