Je me suis souvent posé cette question en discutant avec des amis autour d'un verre. L'hédonisme, pour moi, c'est cette recherche du plaisir immédiat, presque instinctif. Ce qui compte, c'est l'intensité de la sensation, qu'elle soit gustative, tactile ou autre. J'ai vu des gens s'y perdre, comme mon pote qui collectionnait les expériences extrêmes juste pour le 'kick'. L'épicurisme, par contre, c'est plus subtil. C'est mon côté 'thé en terrasse un dimanche matin'. Le plaisir est là, mais il s'accompagne d'une recherche d'équilibre. Épicure parlait d'éviter les excès pour préserver l'ataraxie, cette tranquillité de l'âme. Au fond, l'un est un feu d'artifice, l'autre une braise bien entretenue.
Ce qui m'a vraiment marqué, c'est de relire 'Lettre à Ménécée'. Épicure y explique comment le plaisir le plus simple – un repas frugal avec des amis – peut être bien plus satisfaisant que des excès coûteux. J'ai testé : un pic-nic avec du bon pain et deux trois olives m'a effectivement rendu plus heureux que certaines soirées arrosées. La différence tiendrait donc à la profondeur du plaisir, pas juste à son intensité.