LA REVANCHE D'UNE HUMILIÉE
Élianor
Le téléphone sonne en fin d'après-midi, je suis dans mon bureau, je regarde par la fenêtre la ville qui s'étend sous mes yeux, ma ville, mon empire, mon royaume de verre et d'acier, quatre-vingt-onze pour cent de ses entreprises, des milliers d'emplois, des millions d'euros, tout ça pour en arriver là, pour que ma mère, ma vraie mère, Viviane, m'appelle, pour que je l'entende, pour que je lui parle, pour que je lui dise que je suis là, que je l'attends, que je l'espère, que je la veux, que je la désire, que je l'aime peut-être, sans la connaître, sans l'avoir jamais vue, sans l'avoir jamais touchée, sans l'avoir jamais aimée, mais que je l'aime, parce