LOGINC’étaient les seules phrases qui tournaient en boucle dans sa tête. Des "si" tranchants comme des lames. Des pensées empoisonnées. Des regrets acides. Son esprit était un champ de bataille où l’amour perdu affrontait la culpabilité, la colère et le vide.
Son téléphone se mit à vibrer frénétiquement : appels entrants, messages, notifications... Des dizaines, des centaines… tous porteurs de condoléances, de prières, de tristesse, d'hypocrisie aussi parfois. Mais Xavier n’avait plus la force. Plus l’envie. Il était vidé. Éteint. Il aurait juré que son cœur s'était arrêté. S’il n’était pas encore mort, il en avait tout l’air. Un coup léger sur la porte le fit sursauter. Son secrétaire passa timidement la tête : — Monsieur… les journalistes pour l’interview sont là. Xavier se leva brusquement, le regard noir, déchaîné : — Qu’ils aillent tous en enfer ! Qu’ils sortent d’ici ! Donne l’ordre à la sécurité de les dégager immédiatement ! hurla-t-il, sa voix tremblante de rage. Sans attendre, il claqua violemment la porte et s’y adossa, glissant lentement jusqu’au sol, là où il s’effondra, hurlant son désespoir en silence. Le puissant Xavier Xamie pleurait comme un enfant brisé, seul dans son empire devenu tombeau. *** Trois jours plus tard. Le cercueil fut refermé. La terre recouvrit à jamais le corps de Sandra… et avec elle, une partie de Xavier. Il n’était plus que l’ombre de lui-même. Fini l’homme fier, charismatique, conquérant. Il n’avait plus remis les pieds à l’entreprise. Les bureaux tournaient au ralenti. Les affaires stagnaient. Ses parents tentèrent, à plusieurs reprises, de le faire réagir, de lui tendre la main, mais il refusait obstinément. Chaque fois qu’ils lui parlaient travail, avenir, espoir… il détournait les yeux, ou bien les chassait de chez lui d’un ton glacial. Le seul avenir qu’il voyait désormais… était derrière lui. Il disparut. Littéralement. Plus de réseaux sociaux, plus d’apparitions publiques. L’homme que les médias surnommaient jadis « le roi du pétrole » s’était volatilisé comme une brume au lever du soleil. Il transféra les actions de son entreprise à son ami d’enfance, le présentant comme le nouveau propriétaire, laissant croire au monde qu’il avait tout vendu et tourné la page. Mais la vérité, c’est qu’il avait fui. Il quitta la ville, changea de nom, se réfugia dans un coin reculé du Mexique, là où personne ne le connaissait. L’ironie du sort ? Il devint ce qu’il avait toujours méprisé : un simple camionneur, conduisant chaque jour le même type de camion qui avait tué sa fiancée... comme s’il voulait se punir, vivre dans la peau du meurtrier de Sandra. Là-bas, loin de tout, il essaya de se reconstruire. Ou du moins, de survivre. Aujourd’hui, cela fait cinq ans. Cinq longues années que Sandra est morte. Cinq années que leurs jumeaux n’ont jamais vu le jour. Cinq ans qu’il vit comme un fantôme, le cœur en ruines, les rêves à jamais enterrés. Cinq ans de célibat volontaire et obstiné. Il a verrouillé son cœur, jeté la clé, interdit l’amour de replanter racine. Chaque jour, il avale les kilomètres, son camion pour seul compagnon, le moteur pour seule voix, la route comme échappatoire à ses démons. Son entreprise ? Toujours florissante. Son meilleur ami s’en occupe avec fidélité, lui envoyant régulièrement rapports et bénéfices. Ses parents ? Ils lui donnent des nouvelles, prient pour son retour, mais il ne promet rien. La vie a changé, lui aussi. Mais il ne blâme personne. Il est seul responsable. Seul artisan de sa chute. Son infidélité lui a coûté la seule femme qu’il ait aimée. Et qu’il aimera sans doute... jusqu’à son dernier souffle. À SUIVRE...GLORY HÔTEL Dans la chambre qu’elle avait louée, Béatrice se tenait près de la fenêtre. Sa tenue, délicieusement provocante, épousait chaque courbe de son corps, tandis que ses escarpins vertigineux accentuaient encore davantage son allure assurée. Une lumière tamisée caressait sa silhouette, dessinant autour d’elle une aura presque irréelle. Le silence… Un silence lourd, complice… Seulement troublé par le rythme lent et maîtrisé de sa respiration. Téléphone en main, elle composa un numéro. Une sonnerie. Deux. Trois. Puis… Une voix. Chaleureuse. Enveloppante. Dangereusement familière. __Mon petit cœur… Un sourire étira lentement les lèvres de Béatrice. Un sourire calculé. Précis. __Alex Kovalev… Sa voix glissa comme une caresse
Après que l’appel fut achevé, un léger goût amer se déposa au fond de sa conscience. Une pointe de culpabilité, fugace… qu’il balaya presque aussitôt d’un revers de pensée.__ Il le mérite… pour avoir joué avec ma sœur.Il expira longuement, comme pour enterrer ce malaise, puis se rassit. Le regard fixé sur la porte, il attendait sa mère, prêt à entrer dès qu’elle sortirait de la chambre de sa petite sœur.Chambre 27Flavia, après avoir enfilé la tenue que l’infirmière lui avait remise, franchit enfin la porte.Et là…Le monde s’écroula.Sa fille. Étendue. Immobile. Reliée à des machines dont les bips froids remplaçaient sa voix.Un cri déchira sa poitrine.__ Seigneur… ! Mon bébé… !Sa voix tremblait, brisée, étranglée par une douleur trop grande pour être contenue. Elle resta figée sur le seuil, comme si une force invisible clouait ses pieds au sol. Avancer devenait un supplice.Ava…
— Comment a-t-elle eu mon numéro, celle-là ? se demanda-t-il en fronçant les sourcils, visiblement agacé.— Xavier, on y va ?— Attends, maman… que je règle un petit tracas.— D’accord, fiston. Mais dépêche-toi.Il hocha légèrement la tête, puis décrocha. Sa voix, glaciale, semblait remonter des profondeurs de son être.— Qu’est-ce que tu me veux, Béatrice ?— Xavier… Xavier… Xavier… mon tout beau. Je suis tellement ravie d’entendre ta voix. Tu sais à quel point tu m’as manqué ?— Tu m’appelles pour ce genre de bêtises, sérieusement ?Un léger rire glissa à l’autre bout du fil.— Si j’étais toi, je ne raccrocherais pas si vite… Ce que j’ai en ma possession pourrait t’aider à te venger de celui qui a détruit ta famille.Le regard de Xavier se durcit instantanément.— Crache le morceau, Béatrice.— Pas si vite, mon tout beau… Je vois que j’ai enfin capté ton attention. Et crois-
— Quoi ?! s’écria-t-elle, les yeux écarquillés. Dis-moi que tu plaisantes, s’il te plaît…— Hélas non, mon amour… c’est bien réel. Je compte te présenter à ma famille. Tu es ma compagne, et je suis fatigué de vivre dans l’ombre avec toi. Je veux que le monde sache que tu es à moi… et que je suis à toi, mon bébé.— Oui mais… Xavier… murmura-t-elle d’une voix presque enfantine. J’ai peur, mon cœur…— Je comprends, ma lionne. Mais ce ne sont que mes parents, pas une conférence devant une multinationale, répondit-il avec un léger sourire. Calme-toi… ils vont t’adorer.— Je l’espère, amour… tu m’as vraiment surprise.— C’était exactement le but, avoua-t-il avec un regard malicieux. Je veux qu’ils découvrent la vraie toi… celle qui m’a fait tomber. Pas celle qui va préparer tout un discours pour les impressionner. Sois naturelle, bébé… respire. Tout va bien se passer.Elle le fixa un instant, cherchant dans ses yeux cette assurance don
Le silence régnait dans l’appartement. Un silence lourd, presque complice. Elle s’apprêtait à quitter la chambre de Daniel. Après avoir fouillé rapidement, elle n’avait pas trouvé ce qu’elle espérait. Pourtant, ce numéro encerclé en rouge dans le carnet continuait de brûler dans son esprit. Ce genre de détail ne trompait jamais. Daniel ne faisait rien au hasard. Elle posa sa main sur la poignée de la porte pour sortir… lorsqu’un détail attira son regard. Un portrait accroché au mur. Légèrement de travers. Elle resta immobile. Ses yeux se plissèrent. Sur la photo, Daniel affichait ce regard froid et hautain qu’il réservait au monde entier. Un mélange d’arrogance et de mépris qui semblait dire : personne ne peut m’atteindre. Le photographe avait capturé son vrai visage. — Toujours aussi insupportable… murmur
La salle de réunion de Xamie Šarl était plongée dans une atmosphère sérieuse et professionnelle. Autour de la grande table ovale, plusieurs anciens fournisseurs observaient attentivement les documents posés devant eux. Certains murmuraient entre eux, d’autres parcouraient déjà les premières pages du dossier. Xavier resta debout quelques secondes, les mains posées sur la table. — Comme vous le savez, commença-t-il calmement, le marché pétrolier traverse actuellement une phase de réorganisation stratégique. Il activa l’écran de projection derrière lui. La première diapositive apparut. — Xamie Šarl a choisi d’anticiper ces changements afin d’offrir à ses partenaires une collaboration plus stable et surtout plus rentable sur le long terme. Séraléonne distribua quelques documents supplémentaires pendant que Stelly ajustait la présentation. L’un des fourni







