ANMELDENChapitre 43
Livia
Le Duc ne sait rien, ou bien il ment avec un talent qui dépasse tout ce que j'ai jamais vu, un talent d'acteur consommé qui lui permettrait de tromper n'importe qui, même une femme qui a passé des semaines à étudier chaque expression de son visage, chaque nuance de sa voix, chaque frémissement de ses mains. Et je dois découvrir la vérité par mes propres moyens, sans
Chapitre 61AlexanderLes paroles d'Eleanor frappent mon esprit comme la foudre frappe un arbre solitaire au sommet d'une colline, et je reste agenouillé devant elle, les mains toujours serrées autour des siennes, le cœur battant à tout rompre, la tête pleine de révélations qui font vaciller toutes mes certitudes, qui ébranlent les fondations mêmes de mon existence. Mon père. C'est mon père qui a fait cela, c'est mon père qui a enfermé Eleanor dans cette chambre secrète, c'est mon père qui m'a menti, qui m'a dit qu'elle était morte, qui m'a poussé à me venger des Deveraux pour un crime qu'ils n'avaient peut-être pas commis. Ma vengeance, cette vengeance qui a été le moteur de toute ma vie depuis l'âge de quinze ans, cette vengeance pour laquelle j'ai enlevé Livia, pour laquelle j'ai b&aci
Chapitre 60LiviaLes mots d'Eleanor résonnent encore dans l'air confiné de la chambre secrète, ils flottent autour de nous comme des papillons de nuit, et je reste debout près de la porte, les bras ballants, le cœur serré dans un étau, à écouter cette femme raconter les dix années de captivité que son propre père lui a infligées. Dix années enfermée dans cette pièce minuscule, sans voir le soleil, sans sentir le vent sur son visage, sans entendre une voix humaine, uniquement parce que son père avait honte de ses cicatrices, parce qu'il ne supportait pas de regarder le visage brûlé de sa propre fille. Et pendant ce temps, Alexander la croyait morte, il pleurait sa mémoire, il transformait son chagrin en vengeance, il m'enlevait et me mariait de force pour punir les Deveraux d'un crime qu'ils n'avaient peut
Chapitre 59EleanorLa chambre secrète où j'ai passé les dix dernières années de ma vie est une pièce minuscule, sans fenêtre, creusée dans l'épaisseur des murs de pierre de Thornfield comme une tombe oubliée, et pour la première fois depuis que mon père m'a enfermée ici, depuis qu'il a refermé la porte derrière lui en me promettant de revenir, je ne suis plus seule. Alexander est là, agenouillé devant moi, ses mains serrant les miennes avec une force qui me rappelle l'enfant qu'il était, le garçon qui me protégeait des orages et des cauchemars, et derrière lui se tient une femme brune aux yeux verts que je ne connais pas mais qui semble être son alliée, son épouse, celle qui a trouvé mon message et qui m'a sauvée. La lumière vacillante de la bougie caresse
Chapitre 58AlexanderJe tombe à genoux. Mes jambes se dérobent sous moi, mes muscles cèdent, mes os ne me portent plus, et je m'effondre sur le sol de pierre froide comme un homme qui vient de recevoir la grâce après avoir passé dix ans dans le couloir de la mort, comme un condamné qui voit s'ouvrir les portes de sa cellule au moment où il avait perdu tout espoir. Elle est là, devant moi, vivante, réelle, palpable, à quelques pas de moi, assise dans ce fauteuil usé près du feu qui lutte contre le froid, et je ne peux pas détacher mon regard de son visage, de ce visage que j'ai cru perdu à jamais, de ce visage que j'ai pleuré pendant dix ans, de ce visage qui est celui de ma sœur, de mon sang, de la seule famille qui me reste au monde. La lumière de la bougie vacille sur ses traits, elle caresse les cicatrices qui marqu
Chapitre 57LiviaNous avons quitté la cave, nous avons remonté l'escalier en colimaçon dont les marches de pierre usées par les siècles semblaient interminables, et nous avons commencé à fouiller le château, pièce par pièce, couloir par couloir, sans relâche, sans repos, sans jamais nous arrêter pour manger ou pour dormir. Alexander marche devant moi, une torche à la main qu'il a allumée à l'une des rares bougies encore vivantes dans les couloirs obscurs, et le visage éclairé par la flamme vacillante qui danse dans le courant d'air, il ressemble à un archange guerrier, à un chevalier en quête du Graal, à un homme qui a enfin trouvé une raison de se battre après dix années passées à errer dans les ténèbres de sa propre vengeance. Je le suis comme une om
Chapitre 56AlexanderLes mots de Livia résonnent encore dans l'air glacé de la cave, ils flottent autour de nous comme des lucioles dans la nuit, comme des étoiles minuscules qui percent les ténèbres épaisses de ces souterrains où ma sœur a passé dix ans de sa vie, et je sens quelque chose en moi qui se transforme, qui se métamorphose, qui abandonne la carapace de glace et de haine que j'ai portée pendant une décennie entière pour laisser place à autre chose, à un sentiment nouveau que je ne connais pas et que je n'ose pas encore nommer. Elle est là, debout à côté de moi, sa main toujours posée sur mon épaule à travers le tissu de mon manteau, et cette main est chaude, vivante, réconfortante, elle est le seul point d'ancrage qui me relie à la réalité dans ce chaos
Chapitre 9AlexanderJe reviens dans la chambre une heure plus tard, comme je l'ai promis, comme je l'ai ordonné, et cette fois je ne suis pas seul. Gideon m'accompagne, silhouette noire et silencieuse qui se tient en retrait près de la porte, et dans mes mains gantées de cuir noir, je tiens le con
Chapitre 8LiviaIl est parti. La porte s'est refermée sur lui avec ce bruit sec et définitif que je commence à connaître, ce claquement de loquet qui est devenu la bande-son de mon cauchemar éveillé, et je reste seule dans la chambre glacée, debout près de la fenêtre ogivale, les doigts crispés su
Chapitre 7AlexanderLa question de Livia flotte dans l'air glacé de la chambre, et je la vois, cette femme qui me défie du regard malgré la terreur qui fait trembler ses mains, malgré la pâleur de ses joues, malgré les cernes violettes qui soulignent ses yeux verts et trahissent une nuit de larmes
Chapitre 1AlexanderThornfield, nuit sans lune.La pierre est froide sous mes doigts. Je les pose contre le mur du couloir, lentement, comme si je pouvais sentir les battements de ce manoir mort. Rien. Pas de pouls. Pas de chaleur. Juste l’humidité qui imprègne les murs depuis des siècles et cette







