ISADORA , LE RÉVEIL D'UNE REINE
Isadora
L'arrière-boutique de l'officine est une pièce que le temps a oubliée avec application.
Elle est longue et basse, voûtée en pierre, la cave originelle, me dira-t-on plus tard, la partie du XIIIe, celle qui a tout vu, et elle sent le papier, la cire et la menthe séchée. Des tiroirs de bois blond montent jusqu'au plafond, des centaines, chacun avec son cartel à l'encre brune : Digitale. Belladone. Iris. Valériane. Les poisons et les remèdes dans les mêmes tiroirs, séparés seulement par des étiquettes, ce qui est, je le note, la meilleure définition d'une pharmacie et d'une famille que j'aie jamais rencontrée.