À feu et à perte
ANGÈLE
La douleur.
Une douleur qui n'a pas de nom dans aucune langue humaine. Une douleur qui transcende les mots, qui les pulvérise, qui les rend ridicules et vains. Une douleur qui part du bas du ventre, de ce point précis où la vie s'accroche, et qui irradie partout. Dans le dos, le long de la colonne vertébrale, comme une coulée de lave. Dans les cuisses, qui tremblent et qui brûlent. Dans la poitrine, qui se comprime. Jusque dans les dents, dans les cheveux, dans les ongles. Une douleur qui prend toute la place, qui efface tout le reste, qui réduit le monde à cette seule sensation : une contraction, une vague, un tsunami à l'intérieur de mon corps qui veut expulser cette vie qu'il a por