À l'ombre de ta haine
Lorenzo
La nuit est un étouffoir, une chape de plomb posée sur les toits de Milan. Mon bureau, à cette heure, n’est plus un lieu de pouvoir, mais une crypte où je me condamne moi-même. L’image d’elle avec Sorrentino, leurs mains entrelacées, leurs sourires complices dans la lumière dorée du restaurant, me ronge les entrailles. Un ver incandescent, insatiable. Ses larmes de l’après-midi… un chef-d’œuvre de perversion. Elles m’ont tendu un piège de pitié pour mieux plonger le couteau. La colère est un acide dans mes veines, mais pire encore est ce feu contradictoire, maudit, qui ne s’éteint jamais. Je la hais. Je la désire. Je me hais de la désirer.