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Chapitre 2 – La première fois

ผู้เขียน: Eternel
last update วันที่เผยแพร่: 2026-03-14 17:51:02

Sa voix glisse dans mon récit, douce, insistante.

-- En dessous de la peur ?

-- L'excitation. Une chaleur qui montait de mon ventre. Je voulais qu'il me touche. Je voulais qu'il...

Ma voix se brise. Je sens mes joues brûler.

-- Qu'il quoi, Camille ?

-- Qu'il me prenne. Sauvagement. Sans me demander mon avis.

Le silence. Puis :

-- Et l'a-t-il fait ?

-- Oui. Il s'est approché, il a défait sa ceinture... et là je me suis réveillée. En sueur. Trempée. Avec une frustration... une frustration physique.

-- Une frustration que vous ressentez encore, là, maintenant ?

Sa voix est plus proche. Je sens un souffle chaud près de mon oreille. J'ouvre les yeux en sursaut. Il est penché au-dessus de moi, à quelques centimètres de mon visage.

-- La séance est terminée, Camille. Mais je pense que nous avons beaucoup de travail à faire ensemble.

Il se redresse. Je me lève, tremblante, les jambes en coton. Il me tend une carte de visite.

-- Mon numéro personnel. Si vous avez besoin de parler entre les séances.

Je prends la carte. Nos doigts se frôlent. L'électricité me traverse le bras.

-- À jeudi, Camille.

-- À jeudi, Docteur.

Je sors de l'appartement, je traverse le couloir, je prends l'ascenseur, je marche dans la rue sans voir où je vais. Il n'y a qu'une seule pensée dans ma tête :

Je vais y retourner. Et je sais déjà que ce docteur-là est plus dangereux que tous mes rêves.

Camille

Jeudi. J'ai compté les jours, les heures, les minutes. Je n'ai pas dormi. Chaque fois que je fermais les yeux, c'était lui que je voyais. Penché sur moi. Son souffle dans mon oreille. Ses doigts sur mon épaule.

Je suis arrivée avec vingt minutes d'avance. J'ai marché autour du pâté de maisons comme une lionne en cage. Il fait doux pour la saison, un vent léger qui soulève ma jupe. J'ai mis une jupe, justement. Longue, fluide, rose pâle. Un chemisier blanc, un peu transparent si on regarde bien. Des talons. Pourquoi des talons ? Pour lui. Pour moi. Je ne sais plus.

La porte s'ouvre au deuxième coup de sonnette.

-- Camille. Il sourit. Un vrai sourire, cette fois. Entrez.

Il porte un costume bleu nuit, chemise bleu clair, pas de cravate. Ses manches sont légèrement retroussées, laissant voir ses avant-bras musclés, poilus. Je fixe ses mains en le suivant dans le salon. Des mains larges, aux doigts longs, soignés.

-- Installez-vous. Comme la dernière fois.

Je m'allonge sur le divan. Le cuir est tiède, comme s'il avait chauffé la place pour moi. Je pose mes bras le long du corps, je ferme les yeux. J'entends le craquement du fauteuil quand il s'assoit.

-- Comment s'est passée votre semaine ?

-- Mal.

-- Racontez.

-- Je n'ai pas dormi. Je pensais à vous. À nos... à notre séance.

-- Qu'y avait-il dans vos pensées ?

-- Votre main. Sur mon épaule. Votre voix. Près de mon oreille.

Le silence. Le tic-tac de l'horloge.

-- Et cela vous a dérangée ?

-- Oui. Non. Je ne sais pas. J'ai essayé de ne pas y penser. Je n'ai pas réussi.

-- Pourquoi essayiez-vous de ne pas y penser ?

-- Parce que c'est... inapproprié. Vous êtes mon médecin.

-- Je suis votre thérapeute. Et ce que vous ressentez pour moi, c'est ce qu'on appelle le transfert. C'est normal, Camille. Cela fait partie du processus.

-- Le transfert ?

-- Vous projetez sur moi des émotions, des désirs, qui appartiennent à d'autres figures de votre vie. C'est un matériau précieux pour la thérapie. Il ne faut pas le combattre. Il faut l'explorer.

Il se lève. J'entends ses pas contourner le divan. Il s'arrête derrière ma tête.

-- Parlez-moi de votre père, Camille.

-- Mon père ? Pourquoi ?

-- Parlez.

Je serre les mâchoires. Mon père. Lui que je n'ai pas vu depuis dix ans. Lui qui est parti un matin sans se retourner, me laissant avec ma mère et ses crises.

-- Il est parti quand j'avais dix-huit ans. Je ne l'ai pas revu.

-- Il vous manque ?

-- Non. Je le déteste.

-- Pourquoi ?

-- Parce qu'il a choisi de partir. Parce qu'il m'a abandonnée. Parce que ma mère a passé sa vie à me dire que j'étais comme lui, que j'avais ses pulsions, que j'étais une...

Je m'arrête. Mes ongles s'enfoncent dans mes paumes.

-- Une quoi ?

-- Une salope. C'est ce qu'elle disait. Que j'étais une salope comme mon père.

Sa main se pose sur ma tête. Ses doigts caressent mes cheveux, lentement, doucement.

-- Vous n'êtes pas une salope, Camille. Vous êtes une femme avec des désirs. Rien de plus, rien de moins.

Ses doigts glissent le long de ma tempe, effleurent ma joue. Je retiens mon souffle.

-- Ces rêves dont vous parlez. Ces pulsions. D'où croyez-vous qu'elles viennent ?

-- Je ne sais pas.

-- Si. Vous savez. Cherchez.

Ses doigts tracent le contour de ma mâchoire, descendent le long de mon cou. Un effleurement à peine, du bout des ongles.

-- De lui, dis-je dans un souffle. De mon père.

-- Pourquoi ?

-- Parce que... quand j'étais petite, il me prenait sur ses genoux. Il me faisait des câlins. Des câlins qui duraient trop longtemps. Ses mains qui s'attardaient.

-- Continuez.

-- Je ne sais pas si c'était... je n'ai pas de souvenirs précis. Juste des sensations. Une chaleur bizarre. Un malaise. Et en même temps, j'aimais ça. J'aimais qu'il s'occupe de moi. J'aimais ses mains.

-- Et vous vous sentez coupable.

-- Oui.

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