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CHAPITRE 2

Author: Macedonia2901
last update Petsa ng paglalathala: 2026-09-07 22:18:14

CHAPITRE 2

Point de vue de Leila

« Je suis désolée. Je ne voulais pas regarder, je te le jure. Je... je... » 

Les mots s’échappèrent de ma bouche dans le désordre, et je grimaçai de honte. Je n’arrivais même pas à aligner deux paroles cohérentes. Rien ne pouvait excuser mon attitude.

« Leila », m’appela-t-il, me coupant la parole.

La façon dont mon prénom glissa sur sa langue me traversa de part en part. 

Oh mon Dieu ! 

La chaleur me monta aux joues tandis que je relevais lentement la tête pour le regarder. Nos regards se croisèrent, et ce n’était plus qu’une question de secondes avant que je ne me transforme en une flaque informe.

« C’est bon », dit-il enfin, sa voix grave me donnant des frissons le long de la colonne vertébrale.

Je clignai des yeux. « Quoi ? »

« J’ai dit que c’était bon. Respire. »

« C’est bon que je t’aie regardé ? » Mais qu’est-ce que je racontais ? C’était sûrement l’effet de l’alcool. La Leila ordinaire se serait enfuie en courant, morte de honte, mais j’étais toujours là, à le fixer alors qu’il était complètement nu.

« Qu’en penses-tu ? » demanda-t-il en se levant lentement, comme s’il voulait délibérément me laisser le regarder.

Mon souffle se bloqua dans ma gorge lorsqu’il saisit sa serviette de bain et l’enroula autour de sa taille, presque comme un strip-teaseur exécutant un numéro rien que pour moi. Bon sang ! À quoi pensais-je ?

« Ta main ne commence pas à avoir des crampes ? » Sa voix me tira de mes pensées.

« Hein ? »

« Ta main. » Il la désigna du menton, et je suivis son regard. Je lâchai aussitôt l’interrupteur. Dire que je m’y étais cramponnée sans même m’en rendre compte !

Je baissai les yeux vers le sol. « Je suis désolée. Je vais m’en aller et… »

« Leila », me rappela-t-il, et mes genoux faillirent se dérober. Je devais retourner dans ma chambre. Il fallait que je sorte d’ici.

« Tu n’as pas répondu à ma question », poursuivit-il en s’avançant vers moi.

« Que veux-tu dire ? »

« Ce que tu en penses », répondit-il en jetant un bref regard vers le bas.

Oh. Je plaquai une main sur ma bouche en comprenant enfin. Je n’arrivais pas à croire que Vincent me posait réellement ce genre de question. Qu’est-ce qui lui prenait ? Et pourquoi semblait-il accorder autant d’importance à ma réponse ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ?

J’avalai difficilement ma salive, tentant de calmer les battements affolés de mon cœur.

« Ce n’est pas mal », finis-je par répondre.

Ses sourcils se froncèrent, comme si ma réponse le décevait. À moins que je ne me fasse simplement des idées ?

« Juste pas mal ? » Il fit un pas de plus, et sa présence imposante me rendit la respiration encore plus difficile. « Tu es donc en train de dire que ma taille ne t’a pas impressionnée ? »

Mon estomac se noua. Pourquoi semblait-il si troublé par ma réponse, lui qui ne m’avait jamais considérée autrement que comme une petite fille ?

« Tu penses que cette question est appropriée pour quelqu’un que tu considères comme une petite fille ? » Les mots franchirent mes lèvres avant que je puisse me retenir.

Puisqu’il tenait tant à savoir ce que je pensais de lui, j’avais bien le droit de lui poser la question à mon tour.

Un lent sourire narquois étira le coin de ses lèvres. « Tu crois que je te vois comme une petite fille ? »

« Ce n’est pas le cas ? » répliquai-je.

Il fit un nouveau pas en avant, me prenant au dépourvu. Il n’y avait plus qu’un souffle entre nous, une distance si infime que le moindre mouvement aurait suffi à faire se rejoindre nos lèvres.

Je le voulais. J’avais toujours voulu sentir ses lèvres sur les miennes, et j’imagine que l’atmosphère, combinée à l’alcool, ne nous aidait ni l’un ni l’autre à garder les idées claires.

« Je te vois comme une femme, Leila. Je te vois comme quelqu’un que je désire. »

Mon cœur martela ma poitrine. Quelqu’un qu’il désirait ? Venait-il vraiment de m’avouer son désir ? Était-ce le fruit de mon imagination ou un rêve érotique ? Tout cela semblait trop beau pour être vrai.

Mes joues s’enflammèrent. Je tentai d’apaiser les battements désordonnés de mon cœur. Peut-être ne disait-il tout cela qu’à cause de l’alcool. Demain, il ne se souviendrait probablement de rien. Je ne devais pas me laisser emporter.

« Je t’ai toujours désirée, Leila. Depuis la toute première fois où je t’ai vue. Mais tu étais la petite sœur de mon meilleur ami, et je savais que je ne devais pas ressentir ça pour toi. Je me répétais sans cesse que je devais te voir comme une petite sœur, mais je n’y arrivais pas. »

Je le regardai dans les yeux.

« Mais quoi ? »

« Je n’ai jamais cessé de penser à toi. Depuis que tu es apparue avec Leo dans cette robe trempée, la dernière fois, c’est devenu une véritable torture. Sais-tu pourquoi j’ai arrêté de venir ici ? »

Mon estomac se noua.

J’avais toujours cru avoir imaginé ce qui s’était passé deux ans plus tôt, lorsque Leo et moi avions débarqué chez lui sous la pluie.

Leo était venu me voir à la fac et, après avoir reçu son premier salaire, avait voulu offrir un cadeau à nos parents et à moi. Comme la pluie s’était intensifiée, nous nous étions rendus chez Vincent parce que sa maison était plus proche, et nous y avions passé la nuit.

J’avais remarqué la façon dont il n’arrêtait pas de me regarder. Nous nous étions retrouvés seuls dans la cuisine et, pendant un instant, le temps avait semblé s’arrêter.

Nous avions failli nous embrasser, mais mon frère était apparu.

Pendant toutes ces années, j’avais cru que tout cela n’était que le fruit de mon imagination.

Je relevai lentement les yeux vers lui.

« Pourquoi ? Pourquoi as-tu arrêté de venir ? »

Ma voix ne fut qu’un souffle.

Il se pencha jusqu’à ce que ses lèvres frôlent mon oreille. Son souffle chaud effleura ma peau, me faisant frissonner.

« À cause de toi. »

Mon souffle se bloqua dans ma gorge. Il fit un pas en arrière, rétablissant une certaine distance entre nous.

« Tu es intouchable. »

« Et n’est-ce pas justement ce qui rend la chose si excitante ? » Mon Dieu, j’avais l’impression de le provoquer délibérément, mais je voyais la retenue dans ses yeux, et je n’en voulais pas.

Il passa une main dans ses cheveux. « Tu ne sais pas ce que tu dis, Leila. »

« Je sais exactement ce que je dis, Vincent. Je sais ce que je veux, et c’est toi. »

Ses yeux s’agrandirent un instant avant qu’il ne secoue la tête.

« Non, ce n’est pas vrai. Tu es trop bien pour moi, Leila. Crois-moi. Tu ne veux pas de moi. »

Mes yeux s’écarquillèrent à ses mots. Nos visages étaient si proches que je pouvais distinguer les petites taches de rousseur qui parsemaient son visage.

« Je te veux, Leila. Tellement que toute ma volonté me retient de t’embrasser en cet instant », murmura-t-il d’une voix rauque qui fit frissonner tout mon corps.

« Alors qu’attends-tu ? » chuchotai-je.

Je me hissai sur la pointe des pieds, entourai son cou de mes bras et l’embrassai.

« Putain ! »

Sa retenue vola en éclats. Il me plaqua contre lui et me rendit mon baiser, sa main glissant derrière ma tête.

Un gémissement m’échappa, et Vincent se raidit soudainement. Je sentis une masse dure se presser contre moi, m’envoyant une vague de chaleur traverser le corps.

« Vince... » murmurai-je, m’efforçant de reprendre mon souffle.

Il se dégagea brusquement, rétablissant une distance entre nous.

« Nous ne pouvons pas faire ça. »

Mon cœur se serra. « Que veux-tu dire ? »

« Tu ne penses pas clairement en ce moment. Moi non plus. » Il passa une main fatiguée dans ses cheveux. « Demain. Quand on sera à jeun. »

Le visage me brûla. Cela me fit l’effet d’un rejet. « N’étais-tu pas curieux de savoir ce que je pensais de ta taille ? Comment le sauras-tu sans essayer ? »

Son regard s’assombrit. Il laissa échapper une lente respiration.

« Demain. »

« C’est une promesse ? »

« Oui. »

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