เข้าสู่ระบบChapitre 80
Aelys
La librairie est au bout de la rue principale, là où la mer semble plus proche, là où le vent est plus fort, là où les mouettes crient plus fort, leurs voix aiguës, déchirantes, se mêlent au bruit des vagues. La devanture est bleu clair, une peinture fraîche, appliquée récemment, qui brille au soleil. Les lettres sont blanches, dessiné
Chapitre 151EliasLa porte de ma chambre se referme derrière nous, et le silence du manoir s'efface, remplacé par le battement sourd de mon cœur et le frôlement de sa robe contre le sol. Elle est là, devant moi, dans la lumière pâle de la lune qui filtre à travers les rideaux, et je n'ose pas bouger, je n'ose pas respirer, de peur que ce moment ne se brise. Elle tient encore la clé dans sa main, ses doigts sont crispés autour du métal, et ses yeux noisette brillent de larmes qu'elle ne cherche plus à retenir._ Tu es sûr ? demande-t-elle, la voix fragile._ Je n'ai jamais été aussi sûr de rien.Je m'approche lentement, chaque pas mesuré, comme si je marchais sur un fil tendu au-dessus du vide. Elle ne recule pas. Elle me regarde venir, et dans son regard je lis la pe
Chapitre 150LinaLa clé est froide dans ma paume, et pourtant elle me brûle. Je la serre si fort que les dents de laiton s'impriment dans ma peau, que mes jointures blanchissent, que mes doigts tremblent sans que je puisse les arrêter. Je la regarde, cette petite chose banale, ce bout de métal qui pèse plus lourd que tous les bijoux du monde, et je sens les larmes monter, brûlantes, que je ne cherche même pas à retenir. Elias est toujours à genoux devant moi, dans la lumière des chandelles qui achèvent de se consumer, son visage levé vers le mien, et dans ses yeux je lis une vulnérabilité qui me terrifie._ Pourquoi moi ?Ma voix est un souffle, à peine audible, et je ne sais pas si je demande pourquoi il me donne cette clé, ou pourquoi il m'a choisie, moi, parmi toutes les femmes qu'il aurait
Chapitre 149EliasLe repas s'achève dans une douceur que je n'osais plus espérer. Elle a mangé, peu, mais elle a mangé. Elle m'a posé des questions sur Phénix, sur mes journées, sur ce que je faisais quand je ne travaillais pas. Des questions simples, presque banales, mais qui sonnaient à mes oreilles comme des trésors, parce qu'elles étaient revenues, parce qu'elle s'intéressait à moi sans méfiance. Les chandelles ont brûlé à moitié, la lumière s'est faite plus chaude, plus intime, et nos verres se sont vidés lentement. Je sens la tension qui ne m'a pas quitté, cette boule d'angoisse dans ma poitrine. Ce que je vais lui donner, ce n'est pas un bijou. C'est bien plus. Et j'ai peur qu'elle ne comprenne pas, ou qu'elle comprenne trop._ Tu es bizarre, dit-elle en posant sa serviette. T
Chapitre 148EliasLes chandelles sont disposées sur la table, leurs flammes vacillantes dessinent des ombres mouvantes sur les murs de la salle à manger, et je reste debout dans l'embrasure de la porte, le cœur battant, les mains moites, à contempler ce décor que j'ai préparé avec une minutie obsessionnelle. Chaque détail a été pensé, chaque objet a été choisi, chaque lumière a été réglée pour recréer cette nuit, celle de la Côte d'Azur, celle où je l'ai tenue dans mes bras sans savoir qu'elle allait bouleverser ma vie. La table est dressée pour deux, comme alors, avec des bougies, du lin blanc, de la porcelaine fine, et un vase de roses pâles qui embaument l'air de leur parfum sucré. Mais cette fois, tout est différent. Cette fois, je ne veux pas la fuir. Je veux tout recommencer.J'entends ses pas dans le couloir, et mon cœur s'emballe. Elle entre, hésitante, et je vois dans ses yeux noisette une méfiance qui me serre le cœur. Elle porte une robe simple, sombre, et ses cheveux sont
Chapitre 147LinaL'aéroport grouille de voyageurs pressés, de valises qui roulent, d'annonces qui résonnent, et pourtant je n'entends rien. Je me tiens devant Nathan, les mains tremblantes, les yeux déjà embués, et je cherche les mots qui pourraient dire tout ce que je ressens. Il porte son manteau de voyage, un sac sur l'épaule, et son sourire est doux, triste, résigné. Il part pour Londres, ouvrir une antenne de Phénix, mais nous savons tous les deux que ce n'est pas la vraie raison. Il part pour me laisser vivre, pour me laisser choisir Elias, pour ne pas être un obstacle._ Tu es sûr de vouloir partir ? demandé-je, la voix fragile._ C'est mieux pour tout le monde, Lina. Tu le sais.Je secoue la tête, les larmes roulent sur mes joues. _ Je ne veux pas que tu partes. Tu es la seule personne qui ne m'a jamais trahie.Il pose son sac, s'approche, et prend mes mains dans les siennes. Ses doigts sont chauds, solides, et je m'y accroche comme une noyée._ Je ne te trahis pas en partant
Chapitre 146AelysLa porte de son bureau est fermée. Encore. Depuis trois jours, elle est fermée, comme un rempart, comme un mur, comme une trahison silencieuse. Je frappe. Pas de réponse. Je frappe encore. Un grognement, à peine audible, puis sa voix, rauque, épuisée.— Pas maintenant, Aelys.Pas maintenant. Ces mots, je les ai entendus des dizaines de fois depuis le début de la procédure. Pas maintenant, je travaille. Pas maintenant, je prépare la défense. Pas maintenant, je dois sauver Soren. Mais moi ? Quand est-ce que ce sera mon tour ? Quand est-ce qu'il me regardera comme avant, quand est-ce qu'il me parlera, quand est-ce qu'il me touchera ?J'ouvre la porte sans y être invitée. Il est là, penché sur son bureau, des piles de dossiers autour de lui, des photos, des rappor
Chapitre 5Les rues de Yozora sont désertes à cette heure.La neige tombe plus dense maintenant, des flocons épais qui tourbillonnent dans la lumière des lanternes, se posent sur les toits incurvés, sur les câbles électriques, sur le pavé luisant. Tout est silencieux. La ville retient son souffle so
Chapitre 4Le regard de l'inconnu ne me lâche pas.Je sens son attention posée sur moi comme une main invisible, chaude, insistante. Elle glisse sur ma nuque, s'attarde sur mes lèvres quand je bois une gorgée de saké, suit le mouvement de ma gorge quand j'avale. Je n'ai jamais été observée ainsi. P
Chapitre 3L’escalier est raide, étroit, si étroit que mes épaules frôlent les murs. Mes doigts effleurent la brique froide, rugueuse sous la peinture écaillée qui s’effrite par endroits, laissant apparaître la terre cuite originelle. Plus je descends, plus l’air s’épaissit. Il se charge de senteur
Chapitre 2Le train ralentit dans un grincement doux, une plainte mécanique qui se répercute le long des wagons, et je découvre Yozora à travers la buée de la vitre. Mon souffle a dessiné un halo sur le verre, une auréole de condensation derrière laquelle la ville apparaît par fragments, comme un t







