LOGINDokter mengatakan, tanpa terapi sel terbaru, aku hanya bisa hidup selama 72 jam. Namun, Tommy Harper memberikan satu-satunya kuota pengobatan itu kepada Anna Wilson. "Gagal ginjalnya lebih parah," ujar Tommy. Aku mengangguk, lalu menelan pil putih yang akan mempercepat kematianku. Dalam sisa waktu itu, aku melakukan banyak hal. Saat penandatanganan, tangan pengacara gemetar. "Saham senilai empat triliun ini, Anda benar-benar akan mengalihkan semuanya?" Aku menjawab, "Ya, berikan pada Anna." Putriku, Clarisa, tertawa bahagia dalam pelukan Anna. "Ibu Anna membelikanku gaun baru!" "Bagus sekali, nanti dengarkan perkataan Ibu Anna, ya," ujarku. Galeri seni yang kudirikan dengan tanganku sendiri, berganti nama menjadi milik Anna. "Kakak, kamu terlalu baik," ujarnya sambil menangis. Aku menjawab, "Kamu akan mengelolanya lebih baik dariku." Bahkan aku telah menyerahkan hak atas dana perwalian orang tuaku. Tommy akhirnya menampilkan senyuman tulus pertamanya selama bertahun-tahun. "Sofie, kamu sudah berubah. Kamu nggak lagi galak. Kamu yang seperti ini, sungguh cantik." Benar, aku yang sekarat ini akhirnya menjadi Sofie Barnes yang sempurna di mata mereka. Sofie yang patuh, dermawan, dan tidak pernah membantah. Hitungan mundur 72 jam telah dimulai. Aku sangat penasaran, ketika detak jantungku berhenti, apa yang akan mereka ingat tentangku? Apakah aku akan diingat sebagai istri baik yang akhirnya belajar melepaskan, atau sebagai seorang wanita yang menyelesaikan balas dendamnya dengan kematian?
View MoreRaven
La pluie frappe les vitres du taxi comme des aiguilles. De l’autre côté de la vitre, Londres défile, un tableau de lumières floues et de formes sombres. Les néons de Soho se reflètent sur l’asphalte mouillé, traçant des chemins de couleurs vives qui s’éteignent aussitôt. Je serre mon sac contre moi. C’est un geste réflexe. Une armure. À l’intérieur, mon book, mon passeport pour l’enfer. Et un couteau. Une autre sorte d’armure.
Le taxi s’arrête dans une rue étroite, devant une façade discrète, noire, marquée seulement d’un numéro en acier brossé. L’Agence. Un nom qui se veut neutre, comme pour mieux cacher la viande qui s’y vend. Je règle le chauffeur sans un mot et sors, laissant la chaleur moite du véhicule pour l’humidité glaciale de la nuit londonienne.
La porte s’ouvre sur un silence feutré. Un hall immense, aux murs de béton et au sol en béton ciré. Des portraits de filles au visage de marbre sont accrochés partout, leurs yeux vides semblent me suivre. L’air sent le parfum cher et la javel. Une femme en tailleur strict, sévère, s’avance. Son sourire est aussi faux que les cils qu’elle colle chaque matin.
— Raven, enfin. On vous attend. Suivez-moi.
Je la suis, mes talons claquant sur le sol, un bruit sec qui se perd dans l’immensité du lieu. Nous traversons des espaces ouverts où d’autres filles sont parquées, certaines s’étirant, d’autres fixant leur reflet avec une intensité mortuaire. Elles se jaugent, se toisent. Des louves dans une cage de verre et d’acier. Je les ignore. Je sais pourquoi je suis ici. Pas pour les amitiés. Pour survivre.
On me dirige vers un studio de casting. Une pièce blanche, aveuglante. Un homme, assis derrière une table, lève les yeux à mon entrée. Il a le regard fatigué et vorace à la fois.
— Alors, c’est la nouvelle? Déshabillez-vous. On veut voir la marchandise.
Ses mots sont crus, mais ils ne me blessent pas. Ils sont attendus. Mon père utilisait des mots différents, mais le sens était le même. Je suis une chose à évaluer, à utiliser. Je fais tomber mon manteau, puis ma robe. Je reste debout, en sous-vêtements, sous la lumière crue. La froideur de l’air sur ma peau est un rappel. Je ne claque pas des dents. Je ne baisse pas les yeux. Je fixe un point au loin, sur le mur blanc, et je m’évade. C’est une technique que j’ai perfectionnée. Mon corps est ici, offert, mais mon esprit est ailleurs. Loin.
— Tournez-vous.
J’obéis. Mes mouvements sont mécaniques. Je sens leurs yeux sur moi, sur la fine cicatrice que j’ai sur les côtes, un cadeau de mon père. Sur la fragilité que je cache sous une carapace de glace. Ils chuchotent. Des mots comme « potentiel », « look unique », « sale gamine ».
Soudain, la porte du studio s’ouvre, perturbant la sinistre litanie.
Une fille entre. Elle ne devrait pas être là. Elle est désorientée, son regard balayant la pièce avant de se poser sur moi. Sur nous. Tout sur elle crie la richesse et le désespoir. Des bottes en cuir souple, un manteau d’une coupe impeccable, mais ses yeux… Ses yeux sont des abîmes. Je les reconnais immédiatement. Ce sont les miens.
Le photographe gronde.
— Hors de là ! C’est un casting privé !
La fille recule, murmurant des excuses, mais son regard croise le mien une dernière fois. Ce n’est pas de la curiosité. C’est de la reconnaissance. Pure et simple. Elle voit la fissure en moi. Et je vois la sienne. C’est comme se regarder dans un miroir déformant, où l’on reconnaît la douleur, mais pas son origine.
Puis elle est partie. La porte se referme. Le sort est rompu.
— Habillez-vous, la gamine. On vous rappellera.
Je m’habille, mes doigts étrangement engourdis. La froideur habituelle me revient, mais elle est troublée. L’image de cette fille, de ses yeux, reste brûlée au fond de moi.
Plus tard, je me retrouve dans un café bruyant de Soho, serrant une tasse de thé entre mes mains pour retrouver un peu de chaleur. La pluie n’a jamais cessé. La vitre est embuée. Je sursaute quand une silhouette s’assoit en face de moi. C’est elle.
Elle ne dit rien d’abord. Elle me regarde, vraiment me regarde, sans le filtre évaluateur des autres. Son visage est d’une pâleur laiteuse, ses traits d’une finesse presque douloureuse.
— Je m’appelle Jade, dit-elle finalement. Sa voix est plus douce que je ne l’imaginais, mais avec une rauque sous-currente.
Je hoche la tête, lentement.
—Raven.
— Je… je suis désolée pour tout à l’heure. Je cherchais les toilettes.
— Ce n’est pas grave.
Un silence s’installe, chargé de tout ce que nous ne disons pas. Les bruits du café—les tasses qui s’entrechoquent, les rires forcés—semblent très lointains.
— Ils te font sentir comme de la merde, n’est-ce pas ? chuchote-t-elle en fixant sa propre tasse. Comme si tu n’étais rien. Comme si tu n’avais jamais été rien.
Ses mots me transpercent. C’est exactement ça. C’est la sensation que j’ai eue toute ma vie. Je ne réponds pas. Je n’ai pas besoin de le faire. Elle le sait.
— Ma mère, reprend-elle, les yeux toujours baissés. Elle me présentait à ses amis comme sa « plus belle création ». Sa poupée. Elle me louait pour des weekends, tu vois ? Pour impressionner ses amants. Pour montrer qu’elle avait une fille parfaite.
L’aveu est jeté sur la table, cru, sanglant. Ce n’est pas une question de confiance. C’est un besoin. Le besoin de dire à quelqu’un qui comprendra. Qui ne sera pas horrifié, mais qui hochera la tête, parce que l’horreur, c’est notre langage maternel.
Je lève les yeux vers elle. La bulle de silence autour de nous est presque tangible.
— Mon père, dis-je, ma voix étrangement calme. Il préférait les poings aux mots. Il disait que ça rendait les gens plus forts. Il a essayé de me rendre forte pendant des années.
Je vois son regard se poser sur ma joue, comme s’il cherchait la trace des coups. Il n’y en a plus. Elles sont ailleurs, plus profondes.
— On ne s’en sort jamais vraiment, n’est-ce pas ? murmure-t-elle. On apprend juste à mieux le cacher.
— Ou on apprend à s’en servir, je corrige.
Je tends la main et, avec une lenteur calculée, j’effleure le dos de sa main posée sur la table. Ce n’est pas une caresse. C’est une prise de contact. Une vérification. Sa peau est douce, mais je sens un frisson la parcourir. Un frisson qui n’a rien à voir avec le froid. Ses yeux se lèvent, écarquillés, un mélange de surprise et de… d’attente.
— Ils veulent de la marchandise ? Je souffle, me penchant légèrement vers elle. Ils veulent du spectacle ? Donnons-leur un spectacle qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.
Je retire ma main. L’empreinte de mes doigts semble brûler sur sa peau. Elle respire plus vite. La peur est là, je la sens, je la goûte presque. Mais il y a autre chose. Une lueur. Une étincelle sombre qui s’allume au fond de ses yeux abîmés. C’est la même que la mienne. La rage.
— À deux, chuchoté-je, c’est nous qui tenons le couteau.
Elle ne dit pas oui. Elle ne dit pas non. Elle me regarde, et dans ce regard, je vois le pacte se sceller. Silencieusement. Irrévocablement. Le thé refroidit entre nous, mais une chaleur nouvelle, dangereuse et vitale, commence à naître dans la pénombre du café. Nous ne sommes plus deux filles perdues. Nous sommes une arme qui s’est trouvée elle-même. Et Londres, avec toutes ses ombres, ne sait pas encore ce qui l’attend.
Sore harinya, seorang wanita muda datang ke makam."Kamu siapa?" tanya Clarisa, sedikit bingung."Namaku Erin Woods aku penderita kanker pankreas," jawab wanita itu dengan mata memerah. "Lima tahun lalu, aku diselamatkan oleh Yayasan Sofie. Hari ini aku datang untuk mengucapkan terima kasih.""Dia pasti bisa mendengarnya," ucap Clarisa lembut.Erin meletakkan buket bunga di depan nisan, lalu membungkuk dalam-dalam. "Bu Sofie, terima kasih. Karena Anda, saya masih hidup sampai hari ini dan bisa melihat anak saya tumbuh besar."Pemandangan seperti itu bukan yang pertama bagi Clarisa. Setiap orang yang pernah ditolong yayasan itu akan selalu mengingat nama Sofie Barnes.Ibunya mengorbankan nyawanya, bukan hanya untuk meninggalkan penyesalan bagi keluarga, tapi juga demi memberi harapan hidup bagi ribuan orang.Langit mulai gelap, Clarisa akhirnya berdiri dan bersiap pulang."Ibu," katanya menatap batu nisan untuk terakhir kalinya, "dulu Ibu pernah bertanya, apakah kami akan mengingatmu."
Dua puluh tahun kemudian.Clarisa berdiri di depan jendela besar galeri seni, memandang jalanan Neoyark yang ramai. Dia tidak hanya mewarisi kecantikan ibunya, tapi juga bakat alami dalam dunia bisnis. Di usia 25 tahun, Clarisa sudah menjadi bintang baru yang tengah bersinar di dunia seni."Clarisa, waktunya wawancara," ujar asistennya mengingatkan.Hari ini adalah wawancara eksklusif bersama majalah TAME, dengan tema, Mewarisi Warisan Ibu, Kekaisaran Seni Putri Sofie Barnes."Clarisa, banyak orang bilang kamu sangat mirip dengan ibumu." Sang jurnalis bertanya, "Apa pendapatmu soal itu?"Clarisa terdiam sejenak sebelum menjawab pelan, "Aku nggak akan pernah bisa menjadi seperti dia.""Kenapa begitu?""Karena dia menggunakan 29 tahun hidupnya untuk mengajarkan semua orang arti cinta sejati. Sementara aku butuh 18 tahun, hanya untuk mengerti apa itu penyesalan."Sang jurnalis, yang jelas mengetahui sejarah kelam keluarga ini, tidak melanjutkan pertanyaannya.Setelah wawancara berakhir, C
Satu bulan kemudian.Tommy masih rutin mengunjungi makam Sofie setiap hari. Dia selalu membawa Clarisa, meskipun gadis kecil itu selalu enggan."Ayah, kenapa kita harus ke sini sih?" tanya Clarisa sambil menendang batu kerikil kecil."Karena di sinilah orang yang mencintaimu berbaring""Tapi dia nggak pernah main sama aku." Clarisa manyun. "Ibu Anna bilang, orang yang benar-benar menyayangiku akan selalu menemaniku."Hati Tommy hancur sekali lagi. Dia tidak tahu harus bagaimana menjelaskan pada anak berusia lima tahun itu, bahwa orang yang selalu menemaninya itu adalah pembohong, sementara orang yang tidak pernah bermain dengannya justru mencintainya dengan segenap hidupnya.Anna telah divonis penjara seumur hidup. Di pengadilan, dia masih bersikeras bahwa semuanya adalah jebakan dari Sofie. Namun, bukti-bukti yang ada terlalu kuat, tidak seorang pun yang memercayainya.Orang tua Sofie menjual rumah mereka dan pindah ke Florinda. Mereka berkata, setiap sudut kota Neoyark hanya menginga
Setelah Anna dibawa pergi, Kediaman Keluarga Barnes tenggelam dalam keheningan yang mencekam.Tommy duduk di samping jenazah Sofie, dia seperti kehilangan jiwanya. Ponselnya berdering tanpa henti, anggota dewan direksi, rekan bisnis, dan wartawan semua menanyakan apa yang telah terjadi. Namun, tidak satu pun panggilan dia jawab."Tuan," ujar Gabby dengan suara pelan, "Petugas dari rumah duka sudah datang."Tommy langsung menoleh dengan terkejut. "Nggak! Jangan bawa dia pergi!"Namun, dia tahu, itu tidak bisa dihindari. Sofie telah pergi untuk selamanya.Di lantai bawah, kedua orang tua Sofie masih memeriksa tumpukan bukti. Setiap dokumen, setiap rekaman, seakan mengiris hati mereka."Tanggal ini..." Sang ibu menunjuk pada sebuah hasil pemeriksaan medis, suaranya bergetar. "Natal tahun lalu, Sofie sudah didiagnosis kanker.""Tapi dia nggak mengatakannya sama sekali." Suara sang ayah terdengar jauh lebih tua dan lelah.Gabby mendekat dan menjelaskan, "Hari itu Anna mendadak jatuh sakit.
"Ibu."Aku menunduk. Clarisa berdiri di depanku. Dia mengenakan gaun pesta berwarna merah muda, tampak seperti seorang putri kecil."Ibu Anna menyuruhku memberi tahu Ibu." Nada bicaranya dingin, seperti sedang berbicara pada orang asing. "Sudah waktunya memotong kue.""Terima kasih sudah memberitahu
Sore harinya, di kantor pusat perusahaan.Berita itu menyebar dengan cepat, Sofie datang ke rapat dewan direksi bersama adik perempuannya, dan secara langsung mengumumkan pengalihan saham."Sofie, apa kamu sedang bercanda?" Direktur senior, Pak Harrison, menarikku ke samping."Aku sangat serius." Ak
Keesokan paginya, aku terbangun dalam rasa sakit yang luar biasa. Sel kanker terasa seperti nyala api yang membakar seluruh tubuhku, tapi obat penghilang rasa sakit membantuku tetap terlihat tenang di permukaan.Aku memaksakan diri bangun dari tempat tidur. Masih banyak hal yang harus kulakukan hari
Suamiku mengatakan aku tidak cukup lembut, orang tuaku menyebutku terlalu egois, putriku mengatakan bahwa dia lebih menyayangi Ibu Anna. Jadi, aku memutuskan untuk menggunakan 72 jam terakhirku, untuk memberikan nyawaku dan segalanya yang kumiliki kepada wanita sempurna itu.Suara dokter masih terng






Selamat datang di dunia fiksi kami - Goodnovel. Jika Anda menyukai novel ini untuk menjelajahi dunia, menjadi penulis novel asli online untuk menambah penghasilan, bergabung dengan kami. Anda dapat membaca atau membuat berbagai jenis buku, seperti novel roman, bacaan epik, novel manusia serigala, novel fantasi, novel sejarah dan sebagainya yang berkualitas tinggi. Jika Anda seorang penulis, maka akan memperoleh banyak inspirasi untuk membuat karya yang lebih baik. Terlebih lagi, karya Anda menjadi lebih menarik dan disukai pembaca.
reviewsMore