L'argile et le désir
Elle vibre d’une impatience meurtrière.
Je répands la nouvelle non pas par des mots, mais par des rêves. La nuit, je laisse filtrer une parcelle de mon essence, une sensation, une image : celle du vase. Non pas tel qu’il est, mais tel qu’ils le désirent. Pour l’érudit assoiffé de secrets interdits, je montre des hiéroglyphes inconnus sur sa panse. Pour le collectionneur obsédé par l’exclusivité, je lui suggère l’odeur de l’argile fraîche, la promesse d’être l’unique propriétaire d’un fragment d’éternité. Pour l’occultiste vaniteux, je fais miroiter un pouvoir palpable, un courant qui courbe l’espace autour de l’artefact.