À feu et à perte
Elle feuillette des livres, en lit des passages à voix basse, les repose, en prend d'autres.
— Tu lis beaucoup ? je demande.
— Je lisais. Avec mon père. On avait un rituel, le soir. Il me lisait une histoire jusqu'à ce que je m'endorme. Même quand j'étais grande. Même à dix-huit ans.
— Qu'est-ce qu'il lisait ?
— Des classiques, surtout. Dumas, Hugo, Zola. Des histoires de vengeance, de rédemption, d'amour. Je ne sais pas s'il choisissait exprès ou si c'était le hasard.