เข้าสู่ระบบChapitre 93
Lorenzo
Je repousse l'attaque.
La nuit est un chaos de feu, de sang, de cris, une nuit où les ténèbres sont déchirées par les flammes des explosions, par les éclairs des coups de feu, par les hurlements des hommes qui tombent, qui meurent, qui ne se relèveront jamais. Mes hommes se battent comme des lions, comme des démons, comme des fidèles q
Chapitre 101LorenzoMatteo est mort. Je suis le nouveau parrain. Ces mots résonnent dans ma tête comme un glas, comme une sentence, comme une condamnation à perpétuité, et je reste allongé dans l'obscurité de notre chambre, les yeux ouverts, le regard fixé sur le plafond à caissons que je ne vois pas, que je traverse, que je nie. La nuit est profonde autour de moi, une nuit sans lune, sans étoiles, une nuit de velours noir qui enveloppe le palais comme un linceul, et le silence est si total, si absolu, si oppressant, que j'entends chaque battement de mon cœur, chaque pulsation de mon sang, chaque craquement des poutres centenaires qui soutiennent le toit au-dessus de nos têtes. Rosa dort contre moi, sa tête posée dans le creux de mon épaule, sa main abandonnée sur mon torse, ses cheveux bruns éparpillés sur l'oreiller co
.Chapitre 100RosaLa veille de l'attaque, il me fait l'amour lentement, profondément, comme si c'était la dernière fois, comme si chaque caresse était un adieu, comme si chaque baiser était une promesse qu'il n'était pas certain de pouvoir tenir, une prière adressée à un dieu auquel il ne croit pas mais qu'il supplie quand même, pour moi, pour nous, pour l'enfant qui grandit dans mon ventre et qui ne connaît encore rien de la haine, de la guerre, de la mort. La chambre est plongée dans la pénombre, seulement éclairée par la lueur dansante des flammes dans la cheminée qui projettent des ombres mouvantes sur les murs de pierre, sur les boiseries sombres, sur les portraits d'ancêtres qui semblent nous regarder avec bienveillance, avec approbation, avec espoir. La lune filtre à travers les rideaux de velours grenat, d&eacut
Chapitre 99LorenzoElle se reprend. Lentement, doucement, jour après jour, heure après heure, elle revient à la vie, elle revient à elle-même, elle revient à moi, à nous, à ce que nous étions avant que Maria ne meure, avant que Matteo n'envoie cette vidéo, avant que la haine ne la consume. Elle mange, de petites bouchées d'abord, du bouillon clair, du pain trempé dans l'huile d'olive, des fruits coupés en morceaux qu'elle porte à ses lèvres avec une lenteur d'abord hésitante, puis plus assurée, puis presque gourmande, et bientôt elle termine des repas entiers, des plats toscans que le chef prépare spécialement pour elle, des pappardelle au sanglier, des ribollita qui embaument le thym et le laurier, des cantucci qu'elle trempe dans le vin doux en souriant. Elle dort, des nuits entières, blottie con
Chapitre 98RosaIl avait raison. Il avait raison, Lorenzo, quand il m'a giflée, quand il m'a crié de me réveiller, quand il m'a arrachée à ma torpeur, à ma haine, à mon désespoir, à cette spirale de mort qui m'entraînait vers le fond, vers les ténèbres, vers l'abîme. J'étais en train de me noyer, je m'en rends compte maintenant, maintenant que les larmes ont cessé de couler, maintenant que ma respiration est redevenue calme, maintenant que je suis blottie contre lui, dans la chaleur de ses bras, dans la force de son amour, dans la certitude de sa présence. J'étais en train de me noyer dans ma douleur, de me perdre dans ma haine, de m'effacer dans ma soif de vengeance, et il m'a sauvée, encore une fois, comme il m'a sauvée quand il m'a arrachée à l'aile sud du palais Valente, comme il m'a sauv&eacut
Chapitre 97LorenzoLes jours qui suivent la mort de Maria sont les plus sombres que nous ayons traversés depuis le début de cette guerre, depuis la mort de Bianca, depuis que j'ai kidnappé Rosa au bal masqué et que tout a commencé, que tout a basculé, que ma vie a pris un sens qu'elle n'avait jamais eu auparavant. Rosa ne veut plus manger, elle repousse les plateaux que je fais monter dans notre chambre, ces plateaux chargés de mets délicats que le chef prépare avec soin, des soupes toscanes qui embaument le romarin et l'huile d'olive, des pâtes fraîches aux champignons sauvages, des fruits gorgés de soleil, et elle détourne la tête quand j'approche une cuillère de ses lèvres, elle serre les dents, elle ferme les yeux, elle laisse la soupe refroidir dans son bol, le pain durcir dans sa corbeille, les fruits se flé
Chapitre 96RosaL'opération est rapide, brutale, chirurgicale. Lorenzo l'a montée en quelques heures, avec la précision d'un stratège, avec l'audace d'un chef de guerre, avec l'amour d'un homme qui ne supporte pas de voir la femme qu'il aime souffrir. Il a trouvé le repaire de Matteo, une vieille usine désaffectée dans la zone industrielle, au nord de Velasca, un bâtiment de briques rouges et de vitres brisées, entouré de cheminées qui ne fument plus, de machines rouillées qui ne tournent plus, de fantômes qui hantent les chaînes de montage abandonnées. Il a envoyé ses meilleurs hommes, les plus aguerris, les plus loyaux, ceux qui donneraient leur vie pour lui sans une hésitation, et il a dirigé l'assaut lui-même, malgré sa blessure au bras, malgré le danger, malgré le piège qui é
Chapitre 4RosaOn frappe à ma porte, et mon cœur cesse de battre pendant une seconde entière.Le bruit est à peine audible, trois petits coups espacés, le code que nous avons inventé il y a des années, Maria et moi, quand j'étais encore une enfant qui avait peur du noir et des ombres qui dansaient
Chapitre 3LorenzoLe bal bat son plein, et la rumeur de la fête m'enveloppe comme une seconde peau trop chaude, trop parfumée, trop vivante.Je suis au cœur de la salle, immobile au milieu du tourbillon des masques, et pourtant personne ne me regarde. C'est l'avantage du costume de velours noir, d
Chapitre 2RosaJe regarde le bal depuis ma fenêtre, comme je regarde toutes les choses de ma vie : de loin, en silence, les doigts serrés sur l'appui en pierre froide.La lumière jaillit des grandes fenêtres du palais Valente, là-bas, derrière les jardins intérieurs que je n'ai pas le droit de tra
Chapitre 1LorenzoJ'ajuste mon masque de faucon devant le miroir sans tain, et mon reflet me renvoie l'image d'un prédateur qui n'a plus rien à perdre.Les plumes d'acier brun qui ornent le bord du masque luisent sous la faible lueur des bougies, chaque rémige taillée dans un métal si fin qu'elle







