La marque de la souveraine
Isadora
Je me suis retranchée dans une forteresse oubliée, une ruine massive perchée sur un éperon rocheux, dans les montagnes du Nord, là où les vents glacés soufflent sans relâche et où les nuages s'accrochent aux tours effondrées comme des linceuls gris. Le voyage a été long, épuisant, humiliant. J'ai traversé des forêts sombres où les branches griffaient mon visage comme des doigts vengeurs, des marais pestilentiels où mes bottes s'enfonçaient dans une boue noire qui semblait vouloir m'avaler, des villages hostiles où les paysans me regardaient avec méfiance et où je devais cacher mon visage sous une capuche pour ne pas être reconnue. J'ai dormi dans des granges abandonnées, sur des bott