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CHAPITRE 18 : L’essayage

Auteur: L'encre
last update Date de publication: 2026-04-21 14:25:19

Elle commença à défiler les robes – des merveilles de soie, de dentelle, de satin. Des couleurs sombres, des couleurs vives, des coupes classiques ou audacieuses. Chaque pièce était unique, taillée sur mesure, avec des finitions que je n’avais jamais vues dans les magasins où j’achetais mes vêtements.

– Julien m’a donné quelques indications, dit Alma. Il veut quelque chose de… comment dire ? Élégant mais pas pompeux. Sophistiqué mais pas guindé. Et rouge, si possible.

– Rouge ?

– Il a dit que v
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    Il sortit de la chambre. J’entendis ses pas dans le couloir, puis la porte d’entrée qui claquait.Je restai là, seule dans son lit, les draps encore chauds de nos corps mêlés.« Ce n’était que du sexe. »Je me répétai la phrase. Elle ne prenait pas. Elle restait là, comme un caillou dans ma chaussure, comme une épine dans mon cœur.Je me levai. Je ramassai mes vêtements éparpillés sur le sol. Je les enfilai en vitesse, sans me regarder dans le miroir.Je ne voulais pas voir celle que j’étais devenue.Celle qui avait cru, une nuit, que tout était possible.***Je retournai dans ma chambre.Je fermai la porte à clé. Je m’assis sur le lit, les mains sur les genoux. Les pivoines étaient mortes depuis longtemps – je ne les avais pas jetées. Elles gisaient dans leur vase, brunes, flétries, comme notre histoire naissante.Les larmes montèrent. Je les ravalai.Je ne voulais pas pleurer. Pas pour lui. Pas pour ce menteur qui avait dit « je t’aime » et « ce n’était que du sexe » dans la même ma

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    Je me redressai. Je le regardai. Il était sérieux, ses yeux noisette brillants de détermination.– Qu’est-ce que tu proposes ? demandai-je.– Je ne sais pas. Mais je ne veux plus qu’il y ait de contrat entre nous.– Pas de contrat ? Alors je ne suis plus ta prestataire ?– Tu n’as jamais été ma prestataire. Pas vraiment. Pas pour moi.– Alors qu’est-ce que je suis ?– Je ne sais pas. Mais j’aimerais que tu restes. Pas parce que tu es obligée. Parce que tu as envie.– Et ton héritage ?– On trouvera une autre solution.– Julien…– Je sais. C’est compliqué. Mais on a dit qu’on le ferait ensemble.Je le regardai un long moment. Son visage était ouvert, sincère, vulnérable. Il n’avait plus ses armures.– Je reste, dis-je.– Vraiment ?– Vraiment. Pas à cause du contrat. Parce que j’ai envie de rester.Il sourit. Un sourire immense, lumineux, qui lui éclaira tout le visage.– Je t’aime, Léa, dit-il.– Ne dis pas ça.– Pourquoi ?– Parce que c’est trop tôt. Parce qu’on va le regretter.– Je

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    J’ouvris les yeux. Il était au-dessus de moi, ses yeux noisette brillants, son visage détendu.– Tu es belle, répéta-t-il. Ne ferme jamais les yeux quand je te regarde.– Je ne fermerai plus.Il m’embrassa encore. Puis il glissa plus bas, et plus bas encore. Il m’apprit des choses que je ne savais pas sur mon corps. Il m’apprit à aimer être touchée, regardée, désirée.Quand il entra en moi, ce fut doux et brûlant à la fois. Une douleur fugace, vite oubliée. Une plénitude immense.– Tu es là ? murmura-t-il.– Je suis là.– Je t’ai, dit-il.– Je sais.Il bougea en moi, lentement, comme une danse. Je le suivis, nos corps s’accordant, nos souffles se mêlant. Le monde extérieur n’existait plus. Il n’y avait que cette chambre, ces draps blancs, cet homme qui me regardait comme si j’étais un miracle.Quand je jouis, ce fut une explosion silencieuse, un cri retenu dans ma gorge. Il me suivit presque aussitôt, enfouissant son visage dans mon cou.Il resta en moi un long moment, haletant, tremb

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    Il écarta ses lèvres des miennes, juste assez pour parler.– Tu veux qu’on arrête ?– Non, soufflai-je.– Tu es sûre ?– Je n’ai jamais été aussi sûre de rien.Il sourit. Un vrai sourire, pas celui de façade. Ses yeux brillaient.– Moi non plus, dit-il.Il m’embrassa à nouveau. Cette fois, plus profondément. Sa langue effleura ma lèvre inférieure, demanda la permission. Je l’acceptai. Nos souffles se mêlèrent, nos corps se rapprochèrent. Il glissa une main dans mes cheveux, l’autre dans mon dos.Je sentis ses doigts courir le long de ma colonne vertébrale, un frisson me parcourut.– Tu as des frissons, dit-il.– C’est toi qui les causes.– Tant mieux.Il m’embrassa encore. Et encore. Et encore.Chaque baiser était différent. Certains étaient doux, presque timides. D’autres plus profonds, plus brûlants, comme s’il voulait graver son nom quelque part en moi.Je perdis la notion du temps. Les heures passèrent, la lumière de l’aube se fit plus blanche, plus froide. Mais nous étions blotti

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    – Je ne sais pas. Loin d’ici. Loin de moi. J’ai imaginé te voir faire tes valises, appeler un taxi, disparaître. Et ça m’a rendu fou.– Je n’allais pas partir.– Je ne le savais pas. J’ai eu peur. Une peur panique, comme quand j’ai appris que mon grand-père avait fait un AVC. La même peur. La même impuissance.– Julien…– Laisse-moi finir. J’ai compris, à ce moment-là, que tu n’étais plus une prestataire pour moi. Que tu n’avais jamais vraiment été une prestataire. Dès le premier jour, au café, quand tu as levé les yeux vers moi… j’ai su que tu étais différente.– Tu ne m’as même pas regardée, ce jour-là. Tu portais des lunettes de soleil.– Je t’ai regardée. Longtemps. Avant d’enlever mes lunettes. Je t’ai observée, assise à cette table, les mains crispées sur ton sac, les yeux cernés, le menton relevé. Tu avais l’air fragile et forte à la fois. J’ai su que je voulais te connaître. Pas seulement pour le contrat. Pour toi.– Pourquoi tu ne me l’as pas dit ?– Parce que j’avais peur. P

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