À jamais bannie, à jamais aimée
Selyna
La nuit est tombée sur le palais aux mille écailles, une nuit profonde, silencieuse, trouée par la lueur rougeâtre des braisières qui brûlent dans les couloirs. Les veines lumineuses des murs palpitent faiblement, comme les battements d'un cœur assoupi, et le silence est si dense qu'on pourrait le toucher, le respirer, s'y noyer. Aurore dort enfin, apaisée par les potions de Maître Aldric, son petit visage détendu, sa respiration régulière. Je suis restée longtemps à son chevet, à la regarder dormir, à guetter le moindre signe de fièvre, le moindre frisson, la moindre plainte. Chaque fois que ses paupières frémissaient, mon cœur s'arrêtait. Chaque fois que son souffle ralentissait, ma