Frères de sang
Neriah
Il hurle encore, ce cri qui n’est plus de ce monde, un cri qui lacère mes tympans, qui fend le ciel et qui semble faire vibrer les murs eux-mêmes, ses griffes labourent la pierre, arrachant des éclats qui ricochent autour de nous, ses veines gonflent comme des cordages sous sa peau monstrueuse, chaque fibre de son corps se tord dans une convulsion furieuse, et ses yeux , ses yeux d’or noyés de nuit , m’avalent tout entière, me dépècent de l’intérieur, je sais que je devrais reculer, que je devrais fuir, mais mes jambes ne m’écoutent plus, ma peur a perdu tout pouvoir, il ne reste qu’une folie claire, brûlante, celle de ce lien que je sens battre entre nous comme une corde invisible.