Trois ans loin de toi, et tu t'affoles quand je demande le divorce ?
Pendant trois ans, Josseline Lozé avait été une épouse docile, toujours prête à obéir au doigt et à l’œil de Gérald Delon.
Même lorsqu’au lendemain de leur mariage, il l’avait envoyée travailler à Rivefleur, dans le sud du pays, elle n’avait pas protesté.
En trois ans, elle avait non seulement permis à l’entreprise de s’implanter solidement à Rivefleur, mais aussi généré plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires grâce à ses nombreux brevets.
Pourtant, le jour où sa mère était tombée gravement malade et où Josseline, en larmes, l’avait supplié de lui accorder quelques jours de congé, il avait sèchement refusé : « Elle n’est pas encore morte, si ? »
Josseline avait malgré tout insisté pour rentrer à Armont. C’était alors qu’elle avait découvert que ce mariage n’avait été qu’une mascarade du début à la fin.
S’il l’avait épousée, c’était uniquement pour protéger l’enfant de sa femme idéale, qu’il faisait passer pour un enfant adopté. S’il l’avait envoyée à Rivefleur, c’était pour l’empêcher de troubler leur vie à tous les trois.
Même la chienne qu’elle avait dû laisser à Armont avait été maltraitée et en avait gardé des séquelles.
Cette fois, Josseline avait enfin cessé d’espérer.
Elle avait remis sa démission, signé les documents du divorce et quitté cet homme sans jamais se retourner.
Et Gérald, lui ?
Il s’était contenté d’un sourire méprisant, persuadé qu’elle finirait tôt ou tard par revenir.
Mais la réalité lui avait asséné une gifle magistrale.
Ils s’étaient revus lors d’une conférence de presse organisée par l’un des plus grands groupes de biotechnologie. À ce moment-là, la technologie d’édition génétique développée sous la direction de Josseline faisait déjà grand bruit dans tout le secteur.
Elle répondait aux questions des journalistes avec calme et assurance. À ses côtés se tenait un magnat des affaires à l’influence redoutable.
Rongé par le regret, Gérald n’avait pas hésité à s’agenouiller devant elle pour la supplier : « Joss, j’ai eu tort. Je t’en supplie, donne-moi encore une chance ! »
Encore une chance ?
Josseline lui en avait déjà accordé bien trop.
Mais avant même qu’elle ait pu répondre, l’homme à ses côtés s’était avancé et avait passé un bras autour de sa taille. Sa voix n’admettait aucune contestation : « C’est ma femme, maintenant. »