BAISE-MOI 3
AURÉLIE
Le garçon entre, poussant son chariot argenté. Sourire neutre, regard qui ne voit rien, fixé sur un point au-dessus de notre épaule. Le cliquetis des couverts en argent, le chuchotement de la porcelaine fine sur le plateau de marbre. Puis l’odeur. Le café frais, âcre et puissant. Le beurre chaud, presque caramélisé, la confiture sucrée de framboise. L’odeur propre, réconfortante, du pain grillé. Elle envahit la pièce, attaque l’autre odeur, charnelle et nocturne, la recouvre peu à peu. C’est un soulagement physique. Je peux respirer à nouveau sans que mon estomac ne se soulève.