BAISE-MOI 2
Maya
la bibliothèque semble figée hors du temps, vaste cathédrale de silence où chaque page tournée est un murmure, chaque pas un crime à voix basse, c’est ici que je l’ai conduit, mon Noé, la main dans la sienne, mes doigts serrés autour des siens, comme si je pouvais le guider droit au bord de l’abîme sans qu’il y résiste, comme si son corps m’appartenait déjà assez pour le profaner dans ce lieu sacré, entre les reliures anciennes, entre les parfums de cuir, de poussière et de savoir, mais aussi de péché, de vice dissimulé derrière les mots morts, je l’entraîne entre deux hautes étagères, dans un recoin reculé où personne ne vient jamais, là où les encyclopédies dorment dans l’oubli, et je