Morte à ses yeux
Comment faire coexister la mémoire des humiliations, des sept années d'indifférence, de ce regard qui se détournait de moi comme si je n'existais pas, avec le souvenir de ses mains sur mon visage, de ses lèvres sur les miennes ?
Je me promets de ne pas céder, de garder le cap sur l'héritage, uniquement l'héritage. Je me le répète comme un mantra tout au long de la journée, tandis que les heures s'égrènent lentement, que la lumière décline derrière les fenêtres, que le silence de la demeure se fait plus lourd. Mais le soir, quand on frappe à ma porte, quand je reconnais le rythme des coups, lourds et décidés, je me lève, je traverse la chambre, et j'ouvre.