La prisonnière du bal masqué
Mes mains sont sales, je les regarde sans les voir vraiment, les jointures écorchées, le sang séché sous les ongles, les coupures qui ne saignent plus mais qui brûlent encore, qui pulsent au rythme de mon cœur, qui me rappellent chaque visage, chaque cri, chaque corps tombé sur le bitume froid de l'entrepôt numéro sept.
La rage brûle dans mes veines, une rage blanche, froide, dévorante, qui me ronge de l'intérieur, qui me donne envie de hurler, de frapper, de détruire tout ce qui m'entoure, de réduire ce palais en cendres, de faire couler des rivières de sang pour venger Giorgio et Fabio, mes deux soldats tombés ce soir, mes deux fidèles, mes deux frères d'armes qui ne verront plus jamais le
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