L'enfant du milliardaire
Aurora
La nuit se referme sur nous comme une mâchoire, la pierre froide du passage se resserre, et je cours, je cours en portant Aurore contre mon cœur, en traînant Noah par la main, et je sens derrière nous les coups qui éventrent la porte, les cris des hommes, le fracas des armes, et je me dis, dans ce noir qui dévore mes yeux, que je ne dois pas m'arrêter, que je ne dois pas penser, que je dois seulement avancer, sortir, gagner l'arrière de la villa, ce jardin, ce bois, cette nuit libre où nous pourrons respirer, où nous pourrons fuir, où personne ne pourra plus nous atteindre, mais mes jambes flanchent, le passage est étroit, la terre grince sous mes pieds, et je sens la main de Noah qui