À l'ombre de nos désirs
Éliane
Le sommeil est un gouffre sans fond où je tombe, et non un lieu où je me repose. Des images hachées, déformées, m’y attendent. La lueur froide des néons dans le hangar. L’odeur de poussière et d’huile. L’étau de la peur, si physique qu’il comprime ma cage thoracique. Le visage de Delphine, lisse et curieux, penché sur moi comme sur un insecte intéressant. Et la sensation, la plus terrifiante, de l’impuissance totale. Un corps qui n’obéit plus, un esprit embrumé, piégé à l’intérieur.