POUR TE SAUVER , J'AI DÛ TE PERDRE
Je ne sais plus.
Mon regard tombe sur le téléphone sécurisé, celui qui ne sert qu'à une seule personne, une seule ligne, un seul contact. L'écran est noir, le clavier lisse, les touches légèrement usées par mes doigts qui l'ont trop souvent effleuré sans oser appuyer. Ce soir, j'appuie. J'ouvre le fil de discussion, ce fil vierge où aucun message n'a jamais été envoyé, ce fil que je contemple parfois dans mes nuits d'insomnie, imaginant ce que je pourrais écrire, ce que je pourrais dire, ce que je pourrais avouer. Mes doigts sont rouges, poisseux, ils laissent des traces sur l'écran, des empreintes de sang qui brouillent les lettres. Je tape un mot, deux mots, trois mots. « C'est réglé. » Pa