À l'ombre de ta haine
Lorenzo
Son regard est le premier coup. Il ne me balaye pas, il me dévore. Il commence par mes cheveux, ce chignon qu’il déteste et qu’il rêve de défaire, descend lentement le long de la robe noire, s’attarde sur la place où le tissu épouse ma taille, effleure mes genoux, remonte. C’est un inventaire froid, possessif, dégradant. Il compte les battements de mon cœur à travers la soie. Il voit la pâleur de ma peau, les tremblements que je ne peux réprimer. Il voit tout. Et dans ses yeux, je lis non seulement la colère et le mépris, mais cette lueur maudite, familière, qui allume une braise dans ses prunelles sombres. Il me désire, même maintenant. Surtout maintenant. Et il se hait pour cela. C