La prisonnière du bal masqué
Moi, je n’ai jamais eu le temps.
Je fais un pas dans la bibliothèque. Puis un autre. Mes souliers crissent sur le parquet. Mes mains caressent l’air, comme si je voulais toucher les livres sans y parvenir. Je m’approche des étagères. Mes doigts effleurent les reliures, les dos des livres. Le cuir est doux, parfois craquelé, parfois lisse, parfois rugueux. Certains dos sont ornés de nervures, d’autres de filets dorés. Le papier des pages, quand j’en ouvre un au hasard, sent la vanille et le temps, un parfum chaud, suave. Je sors un volume au hasard. Une reliure de cuir marron, un titre en lettres d’or : « Les Fleurs du mal ». Je l’ouvre. Les pages sont jaunies, bordées de brun, certaines corn
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