L'AMOUR ‚̧ԳŹ N'EST PAS FACILE
L'AMOUR ‚̧ԳŹ N'EST PAS FACILE
Author: R
CHAPITRE O1

                ūüĎČ  PROLOGUE ūüĎą

Imran et son épouse Amira débutent leur vie à deux. La vie de couple n'est pas facile, ils vont traverser de nombreuses épreuves. Ces épreuves vont-elles les rapprocher ou au contraire les séparer ? Entre problèmes financiers et problèmes de couples, vont-ils s'en sortir ? La rue est-elle une bonne issue ? Comment vont-ils réussir à survivre alors que tout semble partir en vrille ?

CHAPITRE 01

01

                                    

                                          

¬ę - Imran... On a encore du retard pour le loyer ce mois-ci... ¬Ľ

                      

Putain, encore un mois dans la gal√®re, j'en peux plus. Mais j'fais comme si √ßa ne m'atteignait pas, comme si j'avais un solution √† √ßa. En vrai √ßa me tue, j'lui ai promis une vie meilleure, mais en r√©alit√© on s'enfonce dans la hess*. 

                      

¬ę - T'inqui√®tes pas Amira, j'vais r√©gler √ßa.

                      

Amira : Oui, mais Imran, nos petits tafs √† c√īt√© des cours √ßa nous suffit plus... M√™me pour notre petit studio.

                      

- J'sais bien, j't'ai déjà dit que j'allais trouver une solution.

                      

Amira : Je crois que j'vais arrêter l'école d'infirmière un moment, j'vais prendre un travail à plein temps, le temps qu'on soit stable...

                      

- Plus jamais tu ressors des bêtises comme ça ! T'as compris ?!

                      

Amira : Mais...

                      

- Y a pas de mais ! J'suis un shmetta* moi ? Ma femme elle travaille pour ramener l'argent à la maison pendant que moi j'me la coule douce pour mes études ?!

                      

Amira : Calmes-toi Imran, j'ai pas dit ça...

                      

- Ouais et bah tes √©tudes tu les finis, j'veux pas que t'arr√™tes. ¬Ľ

                      

Je respirai fort. J'étais énervé, énervé de ne pas être capable d'gérer ça. J'sais qu'elle aussi de cette situation elle en peut plus, mais on va remonter la pente. Elle a pas tord, on peut plus continuer comme ça. J'vais trouver un moyen d'sortir de cette galère rapidement.

                      

La mis√®re toque √† la porte, vaudrait mieux qu'elle retourne d'o√Ļ elle vient. J'la repousserai comme je l'ai d√©j√† fait, comme on l'a d√©j√† fait...

                      

| FLASH BACK |

                      

¬ę Yemma : Mes fils, je suis d√©sol√©... d√©sol√© de vous dire √ßa, mais on va devoir vendre vos jouets... On a plus d'argent et on doit... doit acheter de quoi manger... sanglota-t-elle.

                      

Souhayl : On comprend Yemma, ne t'inqui√®tes pas... et puis tu sais quand je serai grand maman, t'auras plus jamais √† t'en faire... ¬Ľ

                      

En vrai je comprenais pas, j'comprenais pas pourquoi cette putain de vie m'prenait tout ce que je possédais. Après m'avoir arraché mon père, la vie m'raflait tout ce que j'avais. Ça faisait des mois qu'on croulait sous les dettes, depuis qu'mon père était parti rejoindre le ciel. De plus maman pleurait tout les soirs de tristesse et de détresse. Souhayl ? C'est mon grand frère, à l'époque il avait neuf ans et il était déjà très mature. Moi j'étais le p'tit dernier, j'avais six ans. On a pas eu le temps d'avoir une famille plus nombreuse, mais c'était nous contre le monde. Mon frère a toujours été un exemple pour moi. Il a toujours su tout affronter la tête haute, et d'au si loin que je me souvienne je n'ai jamais vu une larme couler d'ses yeux. Ma famille c'est ma force.

                      

Comme vous pouvez le voir la mis√®re, chez nous, elle √©tait pr√©sente tr√®s t√īt. Mais on a su s'en sortir, ma m√®re, mon fr√®re et moi. A trois on a tout reconstruit. J'me souviens d'une promesse qu'on s'√©tait faite ce jour l√† avec mon fr√®re, aussi jeune qu'on pouvait l'√™tre, on √©tait plein d'ambition. On s'est promis de ne plus jamais laisser notre m√®re pleurer, d'lui offrir un meilleur avenir.

                      

| Fin du FLASH BACK |

                      

Au jour d'aujourd'hui cette promesse se tient encore, parce que mon frère et moi on continue à gravir les échelons sociaux comme on peut. Il a 24 ans et il est en 5 ème année de médecine, j'suis fier de lui. Il a su s'en sortir. Il est marié à Safia et ils ont une petite fille, ma nièce, Wahiba. Quand à moi j'ai actuellement 21 ans, j'suis dans le commerce. Marié depuis peu avec Amira.

                                  

              

                    

[...]

Apr√®s mon petit taf j'rentre dans mon petit studio en plein cŇďur de la capitale, j'ouvre la bo√ģte aux lettres. Rien que d'le faire √ßa me fait chier. Non pas parce que j'suis un flemmard, mais parce que j'sais d'avance ce que je vais y trouver. J'le fais quand m√™me, parce que vesqui* les soucis c'est pas une solution. Rien qu'en l'ouvrant j'aper√ßois deux trois prospectus, des factures... Mais une lettre en particulier attire mon attention. La vision de cette lettre ne pr√©sage rien de bon. J'm'en empare et je l'ouvre. 

Et merde... Ces fils de chiens d'huissiers veulent me faire, il manquait plus que ça. Apparemment pour cette fois c'est qu'un avertissement, la prochaine fois ils agiront. Désormais je me rend compte que j'suis dans une merde et faut que j'agisse parce que j'peux pas laisser ma situation m'échapper. Je jette les pubs à la poubelle. J'décide de pas montrer cette lettre à Amira, j'veux pas l'affoler. Elle prend notre situation assez mal comme ça. Bien que depuis le temps qu'nous sommes dans cette situation elle ne me l'a jamais reproché.

J'monte, j'vois ma femme endormie sur le canap√© devant la t√©l√©. √áa tombe bien, j'vais cach√© cette foutue lettre et j'range les factures dans un tiroir, j'm'en occuperai plus tard. J'vais m'asseoir dans le canap√© pr√®s de mon √©pouse et je la regarde. Elle m√©rite pas cette s√®re-mi, vaudrait mieux que je m'active avant que tout √ßa n'empire. J'me met √† r√©fl√©chir √† comment je pourrais nous faire sortir de tout √ßa. Ce qui est s√Ľr c'est que j'veux pas demander d'aide √† Souhayl. J'vous avoue que c'est s√Ľrement par fiert√© ou par orgueil, mais c'est comme √ßa. Puis demander de l'aide √† ma m√®re c'est encore moins concevable, elle a d√©j√† souffert de cette situation, j'veux pas lui rem√©morer de vieux et douloureux souvenirs. Les huissiers on les a souvent vu autrefois et j'veux qu'elle n'ai plus jamais √† voir leurs sales gueules √† ces merdeux. Ma m√®re c'est ma reine, elle a souffert pour nous. Elle s'est occup√©e de moi durant mon enfance et maintenant c'est √† moi de m'occuper d'elle. J'suis dans ma merde, et j'en sortirais seul. J'veux pas inqui√©ter mes proches. 

Alors que j'√©tais en pleine r√©flexion, Amira me sort de mes pens√©es. 

¬ę Amira : Salem Aleykoum mon ch√©ri.

- Aleykoum Salem, ma femme. Bien dormi ?

Amira : Oui, je regardais la t√©l√© et j'me suis assoupie. D√©sol√© j'ai pas encore pr√©par√© le d√ģner.

- C'est rien. Habilles-toi je t'emmène manger un grec.

Amira : C'est pas raisonnable Imran, tu sais que ce mois-ci c'est pire qu'avant.

- Mais non t'inqui√®tes, aller pr√©pares-toi. ¬Ľ

Apr√®s un petit d√©bat, elle finit par accepter et part se pr√©parer en vitesse. On part prendre la voiture, et on se dirige dans un petit grec qui n'est pas trop loin. On y entre et on passe notre commande. En attendant que ce soit pr√™t on discute un peu, parce que c'est vrai qu'entre les cours et le taf on ne se voit plus trop malgr√© le fait qu'on soit mari√© et qu'on vive ensemble. 

Une fois les commandes pr√™tes on monte √† l'√©tage pour manger. On se cale sur une table pour deux dans un petit coin. J'ai d√©vor√© mon grec assez rapidement, pour Amira √ßa se faisait plus d√©licatement. Je la taquinais sur sa fa√ßon de manger, √ßa nous faisait du bien de rire un peu. De penser √† autre chose et de se changer les id√©es. On traversait une p√©riode difficile et j'voulais pas que √ßa la touche trop. J'me rend compte qu'aucune autre femme n'aurait supporter tout √ßa, qu'aucune autre ne m'aurait √©paul√© dans une telle situation. Comme on dit, derri√®re chaque grand homme se cache une femme. 

On a beau √™tre dur, mais sans la douceur d'une femme pour apaiser nos col√®res, nos peines, on est rien. La femme a √©t√© cr√©√©e pour tenir compagnie √† l'homme. N'est-ce-pas √ąve que Dieu √† envoyer √† Adam ? C'est comme √ßa, la femme et l'homme se compl√®te.

Le lendemain, alors qu'Amira rentrait des cours, je la sentais un peu pensante. Elle avait l'air d'avoir quelque chose qui la tracassait. Je décide donc de savoir ce qui lui trottait dans la tête. J'vais m'asseoir auprès d'elle.

¬ę - Amira ?

Amira : Imran ?

Je laisse échapper un petit rire.

- Tu vas bien ?

Amira : Tr√®s bien et toi mon p'tit mari ? ¬Ľ

Bingo ! Quand elle m'appelle "mon p'tit mari" c'est quelle a une idée derrière la tête.

¬ę - Va droit au but. ¬Ľ

_____________________  

                                            

                                                  

Ça faisait déjà quelques jours que je ne parlais plus trop avec Imran mis à part pour lui demander le sel. Ça me bouffait de l'intérieur, fallait que j'arrange la situation. Malgré nos différents, c'est ma moitié et bien que physiquement nous soyons proches, j'nous vois nous éloigner.

                              

Il √©tait sur l'ordi √† farfouiller je ne sais quoi, moi je l'observais. J'ai souffler un bon coup avant d'aller lui parler, ce n'est pas facile de faire le premier pas. 

                              

¬ę - Imran ?

                              

Imran : Hmm...

                              

- Tu fais quoi ?

                              

Imran : Rien j'regardes des petits trucs.

                              

- Ah... et heu, j'ai fini de pr√©parer le d√ģner.

                              

Imran : J'arrive. ¬Ľ

                              

Je suis allée m'asseoir à table, en attendant qu'il vienne me rejoindre.

                              

‚ÄĘ Retour au point de vue d'Imran

                              

J'vais me laver les mains, et j'vais m'asseoir aupr√®s de ma femme. J'mange ce qu'elle a pr√©par√©, c'est toujours aussi bon. On parle comme si de rien √©tait malgr√© que ces trois derniers jours n'√©taient pas roses. J'me rend compte de la chance que j'ai. Qui aurait cru qu'Imran serait mari√© un jour ? Bien que toute ma vie je l'ai partag√© avec ma m√®re et mon fr√®re j'√©tais plut√īt de nature solitaire. Des potes ? J'en ai pas vraiment eu, tous des fils de tra√ģtre. Mon seul ami c'est mon fr√®re. J'ai pas besoin d'√™tre entour√© pour √™tre heureux. Le peu d'personne que j'ai dans ma vie m'suffit. 

                              

Quant √† Amira, j'aurais jamais cru la marier un jour... J'savais pas que tomber amoureux c'√©tait dans mes capacit√©s. D'ailleurs j'crois que depuis qu'on est mari√©, j'lui ai jamais encore dit je t'aime. Ces mots l√† j'ai du mal √† les prononcer, allez savoir pourquoi. 'Fin bref, assez parl√© d'√ßa. 

                              

Maintenant faut vraiment que j'trouve une solution pour r√©gler tout √ßa une bonne fois pour toute. C'est vrai que tout √† l'heure sur l'ordi j'ai trouv√© des bonnes petites annonces pour changer d'appart. J'pense que ce serait un bon d√©but, parce qu'ici le loyer c'est pas donn√©, m√™me pour un petit studio. J'ai plus qu'√† en parler √† Amira pour voir ce qu'elle en pense. 

                              

Je la voit se lever pour débarrasser la table, j'me lève et je l'aide. J'vais ensuite me doucher. Une fois tout propre, tout frais, j'sors de la douche. J'cherche Amira pour lui parler d'mon idée, mais je la voit endormie sur le canapé. Je la couvre et j'vais aussi me coucher.

                              

Le lendemain elle avait cours, et moi je travaillais du coup j'suis sortie un peu plus t√īt qu'elle. J'ai pas voulu la r√©veiller. Au cours de la journ√©e, il ne s'est rien pass√© de sp√©cial. Une fois le travail termin√© j'suis all√© faire quelques courses. Le frigo commence √† se vider, et faut le remplir. Juste apr√®s j'd√©cide d'aller faire un tour √† l'agence immobili√®re. 

                              

J'pousse la porte d'entr√©e. Y a pas trop de monde et tant mieux, √ßa m'√©vitera d'attendre dix ans mon tour. √Ä peine arriv√© on m'prend en charge. J'demande un petit appartement en banlieue. On me fait plusieurs propositions. L'une d'entre elles est plut√īt pas mal. Il s'agit d'un petit HLM, plus grand que notre studio avec une vraie chambre. J'pense que √ßa plaira plut√īt bien √† Amira. En plus √ßa nous √©vitera quelques gal√®res, et puis le temps qu'on se stabilise financi√®rement on pourra m√™me faire quelques √©conomies.

                              

[...]

                              

¬ę - Amira, j'ai bien r√©fl√©chit mais va falloir qu'on quitte la capitale. J'ai trouv√© un petit HLM aux alentours. On prendra √ßa le temps que tout reviennes √† la normal. Puis m√™me financi√®rement ce sera mieux.

                              

Amira : Puisque tu n'acceptes pas mon aide, je suppose que je n'ai pas le choix... On part quand ?

                              

- On part dans la semaine. 

                              

Amira : D'accord. ¬Ľ

                              

Ça se voyait que ça l'agaçait mais on avait pas le choix. De plus elle n'avait pas encore le permis, alors je lui avais promis que lorsque je le pourrais je l'accompagnerais en cours ou au travail, vu que c'était sur Paris. Dès le lendemain on a commencé à faire nos cartons, bien qu'il n'y avait pas grand chose à transporter avec nous. On les faisait au fur et à mesure le soir. On gardait seulement le nécessaire. On arrive enfin à la veille du déménagement, Amira n'avait pas encore vu l'appartement. J'ai chargé les cartons dans ma petite voiture. J'ai fermé le studio à clé et je suis allée la rendre à la concierge. Cette vipère n'a pas manqué d'me faire des réflexions que j'ai préféré ne pas écouter sinon j'sens que je l'aurais baffé.

                              

J'vois bien que ma femme est triste de quitter ce studio. Apr√®s tout, notre d√©but de vie de couple et notre vraie vie √† deux a commenc√© √† cet endroit. C'est s√Ľr qu'on en gardera des souvenirs ici. 

                              

J'démarre la voiture et c'est parti pour du changement. Après avoir roulé assez longtemps pour que Madame s'endorme, on arrive enfin à destination.

                                          

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